Après le «no» des Britanniques, il reste trois options, estime Macron

Pour le président français, les Britanniques ont à présent trois options. [Alexandros Michailidis/Shutterstock]

Le président de la République a appris pendant son dialogue avec les maires normands, mardi, dans l’Eure, que la Chambre des communes avait massivement dit non à l’accord de retrait négocié entre Londres et l’UE. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

« La pression est du côté » du Royaume-Uni après le rejet de l’accord de Brexit par le parlement britannique, a déclaré le président Emmanuel Macron.

« La pression est plutôt chez eux », a réagi le chef de l’État français, qui a appris en direct le vote de Westminster alors qu’il répondait à une question sur l’inquiétude des pêcheurs français.

Les trois options des Britanniques selon Macron

Emmanuel Macron a décrit les trois « options » qui s’offrent selon lui aux Britanniques. « Première option : ils vont faire le no-deal, donc ils disent : il n’y a pas d’accord. Ça fait peur à tout le monde. Les premiers perdants de ça, ce sont les Britanniques. Donc dans ce contexte-là ils vont devoir, sans qu’il y ait de période de transition, de toute façon renégocier une relation future », a-t-il dit.

Mais « il faudra de toute façon qu’on négocie avec eux une période transitoire parce que les Britanniques, ils ne peuvent pas se permettre de plus avoir un avion qui décolle ou qui atterrit chez eux, et leurs supermarchés, à 70 %, ils sont approvisionnés par ce qui vient de l’Europe continentale », a ajouté Emmanuel Macron.

« Deuxième option, ils disent : on va essayer -à mon avis c’est ce qu’ils vont faire, je les connais un peu – d’améliorer ce qu’on peut obtenir des Européens et on va revenir faire le vote », a poursuivi le président.« Je n’y crois pas tellement, parce qu’on était au bout de ce qu’on pouvait faire dans l’accord, et on va pas, pour essayer de régler un problème de politique intérieure britannique, ne pas défendre les intérêts des Européens », a-t-il développé.

« Il y a une troisième option qui est de nous dire – et à mon avis ils vont commencer par la deuxième et ça finira par la troisième, on prend les paris, je prends mes risques – ils vont dire : au fond, on va prendre plus de temps, donc ils vont demander à avoir un plus grand délai pour renégocier quelque chose ».

Le Brexit, un référendum « manipulé »

« Peut-être qu’ils vont enjamber les élections européennes pour essayer de trouver quelque chose d’autre. Ça crée beaucoup d’incertitude et d’inquiétude mais dites bien à vos pêcheurs que je serai toujours derrière eux. […] Parce que c’est le choix du peuple souverain britannique, je le respecte, mais pas le choix du peuple souverain français », a poursuivi le président.

Alors qu’il est confronté à la crise inédite des Gilets jaunes, nombreux à réclamer l’instauration d’un référendum d’initiative populaire, Emmanuel Macron a jugé que le Brexit « nous dit aussi beaucoup, dans la période que nous vivons, de ce que ces référendums qui paraissent sympathiques peuvent créer ».

« C’est un référendum qui a été manipulé, manipulé de l’extérieur par beaucoup de ce qu’on appelle aujourd’hui les infox, où on a dit tout et n’importe quoi et maintenant on dit débrouillez-vous et, bilan des courses, on a menti aux gens. Et ce qu’ils ont choisi, c’est pas possible. Après, bon courage pour les représentants de la nation qui doivent mettre en œuvre un truc qui n’existe pas », a-t-il conclu.

Les huit scénarios possibles pour le Brexit

Malgré le report du vote à la Chambre des communes sur l’accord de sortie de l’UE, huit scénarios demeurent possibles pour le Brexit. Un article d’Euroefe.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.