Au Royaume-Uni, le scrutin anticipé ne fait pas oublier le Brexit

epa07958512 A handout photo made available by the UK Parliament shows the British Prime Minister, Boris Johnson speaking during a debate of the Early Parliamentary General Election Bill in during an election debate in the House of Commons in London, Britain, 29 October 2019. EPA-EFE/JESSICA TAYLOR/UK PARLIAMENT HANDOUT MANDATORY CREDIT: UK PARLIAMENT / JESSICA TAYLOR HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES

Les députés britanniques ont plébiscité le projet du Premier ministre Boris Johnson de tenir des élections législatives anticipées le 12 décembre, afin de sortir de l’impasse du Brexit. Quel est l’agenda désormais ? Un article de notre partenaire Ouest France.

Certes, les Britanniques vont voter pour élire les membres de leur Parlement mais la campagne électorale qui s’annonce sera dominée par la fameuse sortie de l’Union européenne.

Omniprésent, le Brexit ne doit faire oublier ni les étapes du processus électoral ni la popularité des grands partis. Petite revue de détails avant le coup d’envoi officiel du 6 novembre.

Un scrutin le 12 décembre

Il s’agira pour les 46 millions d’électeurs de plus de 18 ans d’élire 650 membres du Parlement. En 2017, les conservateurs ont obtenu 318 sièges (la majorité étant à 326) devant les travaillistes avec 262 sièges.

Les inscriptions sur les listes électorales ont connu depuis ce mercredi matin une hausse très sensible, surtout celles des moins de 35 ans. Ces nouvelles inscriptions ont été effectuées majoritairement sur le net.

Les conservateurs en tête

Un sondage du 25 octobre pour la BBC donne actuellement les conservateurs en tête des intentions de vote avec 36 %, les travaillistes suivant avec 24 %. Viennent après les libéraux démocrates avec 18 %, le Brexit Party avec 11 %, les Verts et les Écossais du SNP avec 4 % chacun.

Le calendrier

Le projet pour des législatives anticipées va recevoir ce mercredi l’aval des Lords. Puis les parlementaires vont voter un projet de loi, la « Early Parliamentary General Election Bill » qui déclenche le processus électoral.

Ensuite, la reine (qui ne vote jamais) devra formellement donner son accord et le texte deviendra une loi.

Le 6 novembre au plus tard (mais la date pourrait être avancée au 31 octobre), l’actuel Parlement sera dissous. Le scrutin doit se tenir 5 semaines plus tard (25 jours ouvrables en fait), soit le 12 décembre. Ce sera la première fois depuis 1923 que les Britanniques iront aux urnes en décembre.

Les thèmes de campagne

Actuellement, le Brexit caracole en tête des sujets de campagne, repartant même à la hausse. Les thèmes du NHS (le système de santé) et de l’immigration en tête des préoccupations populaires respectivement en 2017 et en 2015 sont en baisse notable, tout comme les sujets liés à l’économie et à la criminalité.

 

Johnson joue gros

Le chef de gouvernement espère conquérir une majorité absolue au Parlement, dont son gouvernement est actuellement dépourvu. En cas de large victoire, il aurait les mains libres pour faire adopter l’accord de divorce conclu avec l’Union européenne mi-octobre, dont la ratification a échoué au Parlement, et honorer, enfin, sa promesse de faire sortir le Royaume-Uni de l’Union.

Mais ce scrutin s’annonce aussi comme un pari risqué pour Boris Johnson. Il risque en effet de perdre des voix aussi bien au sein de la partie europhile de son électorat que parmi les Brexiters les plus durs, qui pourraient être tentés de rejoindre le nouveau parti du Brexit de Nigel Farage.

Et le 31 janvier ?

C’est la date limite qu’ont fixée les Européens comme date de sortie ultime mais le Brexit peut intervenir avant si les Britanniques arrivent enfin à se mettre d’accord. Ce report prévoit la possibilité pour le Royaume-Uni de quitter l’Union européenne au 30 novembre ou au 31 décembre en cas de ratification de l’accord de sortie avant ces échéances.

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