May se pose en seule alternative à un Brexit chaotique

epa07066130 Le Premier ministre britannique, Theresa May, devant le Parti conservateur à Birmingham, en Grande-Bretagne, le 3 octobre 2018. EPA-EFE/NEIL HALL [EPA-EFE/NEIL HALL]

Face à des conservateurs divisés, Theresa May prévient que le Brexit sera chaotique si son parti ne soutient pas son projet.

La conférence annuelle du Parti conservateur, à Birmingham, a été assombrie par les profondes divisions sur le Brexit entre ses membres. La Première ministre a appelé son parti à la soutenir, soulignant que « si nous ne nous unissons pas, nous risquons de finir sans Brexit du tout ».

« Nous entrons dans la phase la plus difficile des négociations. Ce que nous proposons met l’UE au défi », a-t-elle déclaré. « Si nous nous unissons et gardons la tête froide, je sais que nous pouvons obtenir un accord bénéfique pour le Royaume-Uni. »

Malgré sa situation très difficile au sein du parti et dans le pays, Theresa May était arrivée sur la scène en dansant sur la chanson d’Abba « Dancing queen ». Elle a affiché une confiance à toute épreuve face aux conservateurs.

Le projet de Theresa May pour le Brexit reste le même : une sortie de l’union douanière mais en s’alignant sur les règles européennes du marché unique pour les échanges de biens et services. Une hypothèse rejetée par l’UE. La Premier ministre continue néanmoins d’assurer qu’il n’y a pas d’alternative à ce plan baptisé plan de Chequers, du nom de la villégiature où il a été annoncé cet été. Une rebuffade visant les partisans d’un Brexit « dur », sans accord, qui ont proposé des alternatives.

Elle a aussi répété que Londres ne validerait pas la proposition européenne de « backstop » visant à éviter une frontière physique entre les deux Irlandes.

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C’est un peu la boulette de l’été. La Commission européenne a proposé un nouvel itinéraire maritime pour relier l’Irlande au continent, en oubliant au passage les ports français. Comment est-ce arrivé, se demande notre partenaire, La Tribune.

Le 2 octobre, Boris Johnson, qui a été ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement May, a tenté de convaincre le gouvernement et les conservateurs de laisser tomber le plan de Chequers pour défendre un accord de libre-échange avec l’UE, suivant le modèle UE-Canada, ou un scénario de Brexit dur, selon lequel les relations avec l’UE seraient régies par les règles de l’OMC.

Une position rejetée en bloc par la Première ministre : « un Brexit qui ne fonctionne que dans 50 ans n’est d’aucun intérêt si il rend votre vie quotidienne plus difficile ».

« Le Royaume-Uni n’a pas peur de quitter l’union sans accord », mais cela coûtera cher, a-t-elle prévenu. « Quitter l’union sans accord, ce qui implique de mettre en place des droits de douane et des contrôles coûteux aux frontières, serait mauvais pour le Royaume-Uni et pour l’UE. »

Elle a estimé que « la résistance et l’ingéniosité du peuple britannique nous permettront de nous en sortir ».

Le Brexit coûte plus cher que l'UE

Le Brexit coûte plus cher à Londres que sa participation à l’UE. Soit 560 millions d’euros par semaine. Et le soutien des conservateurs à leur gouvernement faiblit.

 

Theresa May a exclu la possibilité d’organiser un référendum sur les conditions du Brexit, estimant que « les citoyens se sont exprimés, et ils se sont exprimés pour une sortie » de l’UE.

Son discours a été reçu favorablement par la plupart des membres du parti et devrait lui éviter des remises en questions immédiates. Son répit pourrait cependant être de courte durée.

Le prochain sommet européen, qui aura lieu les 17 et 18 octobre, a été décrit par le président du Conseil comme « le moment de vérité » : les États membres doivent décider s’ils veulent ou non organiser un sommet spécial pour finaliser l’accord, ou non.

Un accord sur le Brexit doit être trouvé d'ici octobre selon le Royaume-Uni

L’accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE est « à portée de main » selon le ministre britannique en charge du Brexit, Dominic Raab. Qui prévoit de le présenter lors du conseil européen du 18 octobre.

 

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