Barnier en faveur d’une relation du type Norvège+ avec les Britanniques

«Le seul modèle qui ne créerait pas de frictions serait celui d’un Norvège+», estime Michel Barnier, qui rappelle qu’il n’y a toujours pas d’accord sur la question irlandaise. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Michel Barnier est « préoccupé » sur les chances d’avoir un retrait ordonné du Royaume-Uni de l’UE dans les temps. Le négociateur en chef de l’Union européenne sur le Brexit s’est positionné sur ce qu’il estime être la meilleure future relation avec les Britanniques. Une solution proche de celle que l’UE a avec la Norvège est à choisir selon lui alors qu’il s’exprimait lors d’un événement organisé par le réseau de radio européen Euranet Plus.

L’ancien commissaire européen estime qu’il « vaut mieux être solidaire que solitaire », voyant dans le Brexit une décision « qui n’a fait gagner personne, c’est du lose-lose » (du perdant-perdant en français, N.D.L.R.).

Barnier pour une relation ‘Norvège +’

« Le seul modèle qui ne créerait pas de frictions serait celui d’un Norvège + ‘ », a commenté Michel Barnier durant l’entretien en montrant un schéma.

Le schéma sur les potentielles relations entre UE et Royaume-Uni présenté durant l’émission par Michel Barnier | screenshot de la vidéo

La relation UE – Norvège repose sur les accords de l’espace économique européen (EEE). Ils permettent aux États non membres de l’UE d’avoir un accès presque complet au marché unique. La contre-partie est que les États signataires doivent aussi accepter les réglementations communautaires sur les quatre libertés de circulation (biens, services, capitaux et personnes) sans avoir leur mot à dire sur le contenu.

Il appelle Londres à « accélérer la négociation. Nous sommes prêts (du côté européen, N.D.L.R.), il faut que les Britanniques mettent leur position sur la table comme nous l’avons fait ».

« 75 % de l’accord de retrait est pour l’instant accepté par les deux parties », estime-t-il.

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Toujours pas de solution sur l’Irlande

L’un des gros points noirs des négociations porte sur le cas nord-irlandais. « C’est la décision du Brexit qui crée ce problème », déclare Michel Barnier. La question du retour des frontières sur l’île crée des tensions et inquiète sur la remise en cause du processus de paix. « Personne n’a envie de mettre à mal les accords du Vendredi saint » dont on vient de commémorer les 20 ans.

Le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit a cependant rappelé qu’il est là pour défendre les intérêts européens. « La République d’Irlande reste dans le marché unique et nous devons garder l’intégrité de ce marché. Il faut donc des contrôles sans retour des frontières », explique-t-il.

L’Union européenne a déjà proposé d’intégrer l’Irlande du Nord au marché unique. Une offre rejetée pour le moment par Theresa May. Cependant, Michel Barnier remarque que « cette solution n’a pas pour le moment d’alternative » proposée par les Britanniques.

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