Le Livre blanc sur le Brexit ne séduit pas Bruxelles

Dominic Raab et Michel Barnier [Alexandros Michailidis / Shutterstock]

Le Livre blanc sur les relations post-Brexit publié par Londres est en contradiction avec certains principes fondamentaux de l’UE, a prévenu Michel Barnier.

« Nous pouvons utiliser des éléments du Livre blanc pour trouver un terrain d’entente », a déclaré Michel Barnier, qui pilote les négociations du Brexit pour la Commission européenne, à la suite d’une réunion du Conseil affaires générales. « Mais certains éléments semblent en contradiction avec les principes de l’UE à 27, comme l’indivisibilité des quatre libertés. », a-t-il prévenu.

La traduction de la stratégie britannique pour le Brexit tourne au ridicule

Le gouvernement britannique a fait traduire le résumé de son Livre blanc sur le Brexit en 22 langues européennes. Mais de multiples erreurs de traduction se sont glissées dans les textes.

« Nous devons voir si la proposition de Livre blanc est conforme aux principes fixés par l’UE à 27 », a-t-il déclaré. Ces principes sont le maintien de l’intégrité du marché unique et de l’union douanière de l’UE, l’indivisibilité des quatre libertés et l’autonomie des institutions européennes.

« Notre objectif principal est de protéger l’intégrité du marché unique », a-t-il répété.

Onze ministres et ministres adjoints, dont le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, et le ministre du Brexit, David Davis, ont démissionné depuis l’annonce du Livre blanc, menaçant le gouvernement de Theresa May d’effondrement.

Dans le même temps, plusieurs ministres britanniques ont affirmé que le Livre blanc était la « dernière offre » du Royaume-Uni à Bruxelles.

Le projet de Brexit de Theresa May sous haute tension

La stratégie du gouvernement de Theresa May pour le Brexit est à nouveau menacée et la Premier ministre devra faire face à une motion de censure cette semaine alors que Donald Trump lui conseille de poursuivre l’UE en justice.

Après une semaine de pourparlers avec des responsables britanniques, et sa première rencontre avec le nouveau ministre du Brexit, Dominic Raab, Michel Barnier a insisté sur le fait que la priorité était de conclure l’accord de retrait, finalisé à 80 % selon lui.

La finalisation de l’accord de divorce est « un prérequis pour un retrait ordonné et pour établir la confiance dont nous avons besoin pour un futur partenariat », a déclaré Michel Barnier.

Le négociateur en chef de la Commission a ajouté que les ministres européens avaient besoin de plus de temps pour analyser les implications du Livre blanc. Ce dernier souhaite maintenir le Royaume-Uni dans un marché unique des biens, avec un accord commercial séparé pour les services et un nouveau traité sur la sécurité et la défense.

« Comment l’UE pourrait-elle déléguer la collecte des droits de douane à un pays qui n’est plus dans l’UE ? » s’est-il interrogé.

Comme toujours, le principal point d’achoppement est de savoir comment éviter un Brexit total entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

À Belfast le 20 juillet dernier, Theresa May a répété que la proposition de l’UE pour une frontière dans la mer d’Irlande était « infaisable » et a appelé l’équipe de Michel Barnier à soumettre de nouvelles propositions.

Résoudre la question de la frontière irlandaise est le « problème le plus complexe et délicat », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « nous ne voulons pas de frontières, mais nous voulons des contrôles sur les biens puisque le Royaume-Uni veut quitter le marché unique. »

La fragilité du gouvernement May a considérablement multiplié les chances d’un Brexit sans accord. Un message repris par la Commission, qui a accéléré sa préparation pour un tel scénario, en publiant un document de conseils à l’intention des entreprises et des citoyens.

La Commission appelle au calme en prévision d'un Brexit dur

La Commission européenne a publié le 19 juillet une communication à l’intention des entreprises dans l’UE pour les prévenir des conséquences d’un Brexit sans accord.

« Nous devons continuer à nous préparer pour tous les scénarios », a déclaré Michel Barnier, qui prédit un revers économique pour les 27 États membres restants à moins que le Royaume-Uni opte pour un modèle « Norvège Plus » en restant dans le marché unique. « Je fais tout mon possible pour trouver un accord », a-t-il rappelé.

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