Barnier juge que l’accord du Brexit est le «seul possible»

Michel Barnier EPA-EFE/OLIVIER HOSLET

Le négociateur en chef du Brexit, Michel Barnier, revient sur ce qui est désormais négociable ou non entre l’UE et le Royaume-Uni.

Dans une interview au Monde, au journal polonais Rzeczpospolita et au journal luxembourgeois Luxemburger Wort, le négociateur en chef du Brexit revient sur ce qui est désormais négociable entre Bruxelles et Londres. Bilan : pas grand chose, si ce n’est la déclaration politique qui accompagne le traité de 800 pages d’accord de sortie de l’UE signé en décembre 2018.

Selon l’homme politique français, il existe actuellement une majorité de députés qui s’est prononcé contre le texte, mais aussi une majorité d’élus qui refuse l’hypothèse du « no deal ».

« Le traité peut être soutenu si on le met en perspective », assure Michel Barnier, qui incite Theresa May à envisager de ne pas sortir de l’union douanière et du marché unique, ce qui pourrait permettre de trouver un accord sur un « paquet global ».

La Commission envisage ainsi de retravailler la déclaration politique préalable au traité pour aller en ce sens. « Mais si le gouvernement et les députés ne bougent pas leurs lignes, nous allons arriver mécaniquement vers un Brexit sans accord », prévient l’ancien élu de Savoie.

May espère toujours réouvrir la discussion du Brexit à Bruxelles

La Première ministre britannique, Theresa May, a annoncé qu’elle allait retourner discuter avec Bruxelles pour sauver son accord de Brexit rejeté par les députés. L’opposition estime qu’elle est « dans un déni total ».

Le backstop en question

Après les déclarations de Theresa May, qui a déclaré vouloir se pencher à nouveau sur le filet de sécurité, Michel Barnier oppose une fin de non-recevoir. « Le backstop concerne aussi toute l’Europe : un produit qui rentre en Irlande du Nord, venant du reste du Royaume-Uni, c’est comme s’il rentrait en Pologne, en France ou au Luxembourg » avertit-il, insistant ensuite sur le besoin de contrôle de ces produits pour protéger les consommateurs européens.

Ce dispositif, qui concentre le rejet des partisans du Brexit parce qu’il contraint le Royaume-Uni à rester dans une forme d’union douanière avec le reste de l’UE, est « le seul possible » insiste Michel Barnier, rappelant qu’il est là pour être une assurance, pas pour être utilisé.

Report du Brexit ?

À propos d’un éventuel report du Brexit, l’ancien ministre des affaires européennes précise que cette hypothèse ne sera envisageable que si les Britanniques le demandent formellement, que les 27 l’acceptent et que le Parlement européen ratifie le projet.

Interrogations sur les finances

Michel Barnier reconnait qu’il sera plus difficile de faire respecter l’engagement du Royaume-Uni de régler la facture du Brexit, soit 50 milliards d’euros, en cas de Brexit sans accord. « Mais ces engagements ont une nature juridique du point de vue du droit international, et je n’imagine pas que les Britanniques ne respectent pas leurs engagements », assure le négociateur.

Le scénario d’un Brexit sans accord menace toujours

Les vacances parlementaires terminées, Theresa May tentera à nouveau cette semaine de convaincre les députés britanniques de ne pas enterrer l’accord de sortie de l’UE conclu avec Bruxelles, sous peine de plonger le pays dans le chaos.

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