Blair appelle à réformer l’UE pour empêcher le Brexit

Tony Blair n'est pas résigné au Brexit. [The Office of Tony Blair]

Tony Blair souhaite que les dirigeants européens repensent l’UE en profondeur pour convaincre Londres de rester dans l’UE.

Lors d’un événement au Centre de politique européen, le 1er mars, Tony Blair a assuré que la sortie du Royaume-Uni de l’UE serait dangereuse pour les deux parties.

« Le Brexit est un événement monumental et profondément perturbateur pour le Royaume-Uni. Sans l’Europe, le Royaume-Uni perdra une partie de son influence dans le monde, c’est certain. Il est aussi certain que l’influence de l’Europe sans le Royaume-Uni sera diminuée aussi », a affirmé l’ancien Premier ministre travailliste.

Il estime cependant que le Brexit n’est pas encore un « fait accompli ». « La réforme de l’UE est essentielle pour que le Royaume-Uni change d’avis », a-t-il insisté. « Si une réforme offre une voie parallèle à Londres… en ces temps de politique, tout peut arriver. Il ne faut pas un miracle, il faut une direction claire. »

Ces réformes devraient inclure des changements significatifs des règles d’immigration et des droits des migrants issus de l’UE. Un argument déjà mis en avant par David Cameron pour tenter de renégocier l’adhésion du pays à l’Union avant le référendum, sans succès.

Tony Blair milite « passionnément » pour l’organisation d’un deuxième référendum sur les conditions finales du Brexit.

Le 28 février, la Commission a publié son projet d’accord de retrait. Le document a entrainé une réaction très vive de la part de Theresa May, qui s’oppose surtout à la proposition sur l’Irlande. L’exécutif européen propose que l’Irlande du Nord reste dans l’Union douanière européenne si aucune alternative n’est trouvée d’ici là.

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Une proposition de l’UE pour éviter une frontière « dure » en Irlande après le Brexit sème la discorde entre Londres et Bruxelles. Theresa May affirme qu’elle menace « l’intégrité constitutionnelle » du Royaume-Uni.

« Il n’y a pas de réponse au dilemme irlandais. C’est une belle métaphore de tout le processus », a assuré Tony Blair. « À un moment de l’année, le gouvernement devra organiser un vote au parlement, et le remporter. Et ce ne sera pas aussi facile qu’ils le pensent. »

Lors d’une intervention centrée sur les difficultés économiques et sécuritaires auxquelles l’Europe sera confrontée dans les années à venir, l’ancien Premier ministre a affirmé que le Brexit aurait un effet « délétère » sur l’influence géopolitique et économique du bloc. Il estime que les économies chinoise et indienne auront dépassé l’UE d’ici 2030.

« Ces changements économiques seront assortis de changements politiques. L’Ouest ne dominera plus. L’Europe devra protéger ses intérêts, et les enjeux sont bien plus importants que le commerce », ajoute-t-il.

Depuis sa démission du poste de Premier ministre, en 2007, la nomination du Britannique a été envisagée à plusieurs reprises au niveau européen. Il a notamment été considéré pour la présidence du Conseil en 2009 et en 2014. Au Royaume-Uni, sa popularité est cependant entachée par la guerre en Irak et sa carrière dans les affaires.

En ce qui concerne les dialogues citoyens proposés par Emmanuel Macron, Tony Blair estime qu’ils « ne fonctionneront pas si le but est d’expliquer aux Européens pourquoi leurs craintes sont erronées, alors qu’ils sont nombreux à trouver que le projet européen tourne trop autour de l’avancement des institutions ».

« Les peurs qui ont mené au vote pour le Brexit ne sont pas l’apanage des Britanniques », assure-t-il, estimant qu’un référendum aurait également pu aboutir à ce résultat dans d’autres États membres.

La veille de ce discours, le prédécesseur de Tony Blair, le conservateur John Major, a appelé à un second référendum, assurant que les conséquences d’un Brexit qui laisserait le pays plus pauvre et affaibli seraient « terribles ».

Les défenseurs du Brexit n’ont pas perdu de temps pour réagir avec colère à ces deux interventions. « Des anciens Premiers ministres qui ne croient plus en notre grande nation se sont engagés dans un effort désespéré pour nier le plus fort mandat démocratique au Royaume-Uni », a commenté Richard Tice, qui milite pour un Brexit « dur ».

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