Borissov prévoit un Brexit «dur»

Theresa May chercherait actuellement à s'attirer les faveurs de Boyko Borissov. [Facebook page of Boyko Borissov]

C’est avec son franc-parler habituel que le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a pris la liberté de commenter le Brexit en marge du sommet du 14 décembre. Pour lui, pas de doute : la séparation avec le Royaume-Uni sera compliquée.

« Rien n’est convenu tant que tout n’est pas convenu ». Boyko Borissov a réutilisé la formule prononcée par le négociateur en chef britannique, David Davis, pour parler des négociations du Brexit.

Le Premier ministre bulgare s’est comme à son habitude éclipsé du sommet pour parler aux journalistes de son pays. Il avait déjà indiqué le mois dernier qu’il avait l’impression que les négociations prenaient la direction d’un Brexit « dur ».

Il n’a pas changé d’avis depuis, malgré les assurances de la Commission, qui affirme que les négociations ont suffisamment avancé pour que s’ouvre la deuxième phase des discussions.

« Je considère toujours que rien n’a été décidé en ce qui concerne le Brexit », a-t-il déclaré. « Mardi [19 décembre], Michel Barnier sera à Sofia. Il n’y a cependant pas d’argent, pas de calendrier et aucune précision quant à la date d’entrée en vigueur des accords techniques, c’est pourquoi je suis sceptique. »

Fumée blanche à Bruxelles sur le Brexit

Après une longue nuit de négociations à Bruxelles, l’UE et le Royaume-Uni ont réalisé des « progrès suffisants » pour entamer la deuxième étape du Brexit. Le compromis prévoit notamment des disposition pour préserver l’unité de l’Irlande.

Le 8 décembre, les négociateurs européens et britanniques sont enfin parvenus à un accord sur certains points difficiles des discussions, comme la frontière irlandaise.

« Il y a une semaine, une certaine euphorie planait à Bruxelles, tout allait bien, mais hier [mercredi 13 décembre], nous avons reçu une gifle », estime-t-il.

Ce jour-là, Theresa May est en effet sortie perdante d’un vote au parlement britannique. Les députés, y compris certains rebelles de son propre parti, ont en effet décidé que l’accord final entre Londres et Bruxelles devrait être validé par le parlement. Une décision qui pourrait s’avérer dangereuse pour le gouvernement.

Theresa May perd un vote crucial au parlement britannique

Victime de la rébellion d’une partie de son propre camp, la Première ministre britannique a perdu, à quatre voix près, un vote crucial sur le Brexit au Parlement, exposant sa faiblesse à la veille d’un sommet européen

« Il faut attendre, bien sûr, parce que le principe du ‘rien n’est convenu tant que tout n’est pas convenu’ s’applique pleinement. C’est un processus extrêmement complexe qui est en cours », a-t-il ajouté.

La position du ministre britannique au Brexit, David Davis, pourrait cependant poser problème. Afin d’éviter toute interprétation de sa part, l’accord conclu le 8 décembre à Bruxelles par les négociateurs est donc en train d’être traduit en texte de loi à toute vitesse.

La Bulgarie sera à la présidence tournante de l’UE à partir du 1er janvier, et Theresa May a commencé à courtiser Boyko Borissov, qui lui a rendu visite à Londres le 11 décembre, après une rencontre bilatérale, le 19 octobre.

La Roumanie sera à la présidence au moment du Brexit, de janvier à juin 2019. Approchés par Euractiv pour savoir si Londres avait pris contact avec Bucarest, des représentants roumains ont indiqué que la Roumanie ne souhaitait pas ces contacts, qui pourraient nuire au travail de Michel Barnier et des négociateurs européens.