Brexit : Annick Girardin annonce aux pêcheurs une enveloppe de 100 millions d’euros

Selon la Commission européenne, le plan prévoit des "subventions directes" destinées à faire face notamment aux "réductions de quotas prévues dans l'ACC (Accord de commerce et de coopération entre l'UE et le Royaume-Uni)" et à "l'impossibilité d'accéder aux eaux britanniques et aux eaux d'autres pays tiers". [OLIVIER HOSLET]

La ministre de la Mer, Annick Girardin, a annoncé lundi aux pêcheurs de Boulogne-sur-Mer, mobilisés la semaine dernière, le déblocage d’une enveloppe de 100 millions d’euros dans le cadre d’un plan d’accompagnement de la filière pêche post-Brexit, tout juste validé par Bruxelles.

Accompagnée par le secrétaire d’Etat aux affaires européennes Clément Beaune, elle a également assuré aux représentants du secteur que 21 nouvelles licences, pour permettre aux bateaux français de pêcher dans les eaux britanniques, seraient prochainement délivrées.

Les aides prévues dans le plan de soutien, « validées ces dernières heures par la Commission européenne, (…) sont immédiatement mobilisables et seront réglées, payées, avant un délai maximum de six mois », a assuré la ministre à la sortie d’une réunion de plus de 2H30 avec les professionnels.

Selon la Commission européenne, le plan prévoit des « subventions directes » destinées à faire face notamment aux « réductions de quotas prévues dans l’ACC (Accord de commerce et de coopération entre l’UE et le Royaume-Uni) » et à « l’impossibilité d’accéder aux eaux britanniques et aux eaux d’autres pays tiers ».

« Nous avons compris (…) la détresse, l’exaspération des marins-pêcheurs », alors que le Brexit s’ajoute à « un an de difficultés » liées au Covid-19. « L’Etat se doit d’être au rendez-vous de l’accompagnement (…) de l’efficacité », a-t-elle poursuivi.

Action des pêcheurs contre le « mensonge » de l’accord post-Brexit sur la pêche

Plus d’une centaine de marins-pêcheurs de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) se tenaient prêts jeudi soir (22 avril) à bloquer les camions en provenance du Royaume-Uni.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, plus d’une centaine de marins-pêcheurs s’étaient rassemblés à Boulogne-sur-Mer, prêts à bloquer les camions en provenance du Royaume-Uni.

Ils dénonçaient les importants retards pris dans la mise en place de l’accord de pêche post-Brexit conclu avec le Royaume-Uni, particulièrement concernant l’attribution des licences d’accès à la zone des 6-12 milles marins au large des côtes britanniques, où les pêcheurs européens se rendent traditionnellement.

« L’accord prévoyait l’accès aux eaux britanniques, ça doit être respecté », a commenté Clément Beaune, disant apporter « un message de soutien et de combat » aux marins-pêcheurs. « On se battra jusqu’à obtenir la dernière licence nécessaire », a-t-il promis.

« Mais il reste l’unique problématique des (bateaux) de moins de 12 mètres, qui ne peuvent pas démontrer leur antériorité (dans les eaux anglaises, ndlr) comme l’exige le Royaume-Uni. Ces exigences du Royaume-Uni ne sont pas dans l’accord, et sont donc inacceptables » pour la France, a poursuivi Mme Girardin.

« Nous nous sommes entendus » avec la Commission européenne « pour que nous utilisions tous les leviers possibles » pour faire appliquer l’accord, a ajouté M. Beaune, évoquant des « mesures de rétorsion » possibles.

Brexit : autorisations prolongées pour les pêcheurs français à Jersey et Guernesey

Les autorisations pour les pêcheurs français d’accéder aux îles anglo-normandes de Jersey et Guernesey ont été prolongées jusqu’au 30 juin, sous conditions, a annoncé mercredi soir le ministère français de la Mer.

Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches, a salué un plan « intéressant » qui permettra « de maintenir la tête hors de l’eau ».

Mais il a souligné que la délivrance des licences reste « une priorité ».

« Il faut que ça aille vite », au risque que beaucoup de navires finissent à la casse, a-t-il estimé. « Les professionnels sont prêts à refaire un mouvement si rien ne bouge ».

Projet franco-espagnol de protection des cétacés : une perte de "temps précieux" pour les scientifiques et ONG

Le 15 mars dernier, la France, l’Espagne et le Portugal ont lancé ensemble le projet Cetambicion. Ce programme de protection des cétacés dans le golfe de Gascogne, a pour but réduire, à terme, « les échouages de mammifères marins sur les côtes du golfe ».

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