Brexit : c’est historique, un accord commercial est enfin trouvé entre Européens et Britanniques

Le Royaume-Uni et l'Union européenne ont finalement réussi à trouver un accord sur leurs futures relations post-Brexit. [EPA-EFE/ANDY RAIN]

Royaume-Uni et Union européenne ont finalement réussi à trouver un accord sur leurs futures relations post-Brexit, apprend-on jeudi. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Enfin… Les Européens et les Britanniques sont arrivés à trouver un accord sur leurs futures relations d’après-Brexit, a-t-on appris jeudi 24 décembre 2020, soit quatre ans après le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Les experts des affaires européennes et économiques n’y croyaient plus.

« Les négociations ont été très difficiles. Avec tant d’enjeux pour tant de monde, c’était un accord pour lequel il fallait se battre. Il protégera les intérêts européens et il est dans l’intérêt aussi je le crois du Royaume-Uni », a déclaré la présidente de la Commission Ursula von der Leyen lors d’une conférence de presse où elle s’est exprimée en anglais, français et en allemand.

« Ensemble, on pourra continuer à faire plus qu’en étant séparé », a-t-elle estimé. « Il est temps de tourner la page et de regarder vers le futur : nous partageons les mêmes valeurs. L’Union européenne et le Royaume-Uni continueront à faire face, épaule contre épaule, aux défis globaux. »

Michel Barnier, le négociateur en chef côté européen, a paru ému lors de sa déclaration : « la force de l’Union européenne a été l’unité et la solidarité entre tous les États membres et le Parlement européen. Cela a été mon honneur d’avoir contribué à cette unité », a-t-il déclaré. « Aujourd’hui, c’est un jour de soulagement, mais aussi de tristesse. Le Royaume-Uni a choisi l’Union européenne, de renoncer aux droits et aux avantages d’un État membre. Malgré cet accord, il y aura quand même de vrais changements pour beaucoup de citoyens et d’entreprises. C’est la conséquence du Brexit. »

Un accord historique avec des milliers de pages

Il faudra également une validation par les chefs d’États et de gouvernement de ce traité qui rassemble plus de 2 000 pages. Un accord du parlement britannique doit également avoir lieu, même si la confortable majorité de Boris Johnson, issu du camp des Hard Brexiters, semble assurer une ratification sans trop d’encombres. Le texte devra ensuite encore être validé a posteriori par le Parlement européen.

Il faut en effet que l’accord entre en application le 1er janvier 2021, quand le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier, aura définitivement abandonné le marché unique. Les États membres ont d’ailleurs commencé mercredi après-midi à lancer le processus lors de « discussions informelles », ont indiqué des sources européennes.

Michel Barnier a rappelé qu’il s’agissait d’un « accord de libre-échange, sans tarif ni quota avec de nouvelles règles qui seront la marque pour l’Union européenne pour ses futurs accords commerciaux. Un partenariat économique et social dont le champ est sans précédent. »

On évite le « no deal » tant redouté

Le négociateur côté européen, Michel Barnier, avait multiplié les déclarations ces derniers mois pour rappeler qu’il y avait trois points de désaccords principaux : maintenir des règles de concurrence équitable avec le Royaume-Uni, trouver un bon compromis sur la pêche et de conclure un accord solide en matière de gouvernance de l’accord.

L’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques restait mercredi matin l’ultime point d’achoppement des discussions, par ailleurs quasiment bouclées, y compris sur les sujets jusque-là problématiques, comme la manière de régler les différends et les mesures de protection contre toute concurrence déloyale.

Avec cet accord, on évite de voir le Royaume-Uni se transformer au 1er janvier 2021 en un état tiers vis-à-vis de l’Union européenne avec le retour des frontières et des douanes pour vérifier l’application des règles de l’OMC pour l’exportation et l’importation.

Les Britanniques ont eu ces derniers jours un avant-goût de ce à quoi ressemblait une fermeture des frontières avec des milliers de camions bloqués dans le Kent en raison de la découverte d’une nouvelle souche de coronavirus très contagieuse.

Une victoire pour la « méthode Barnier »

La conclusion d’un texte en à peine dix mois – quatre ans et demi après le référendum de juin 2016 sur le Brexit — constitue une prouesse pour Londres et Bruxelles, surtout pour un accord de cette envergure, puisque de tels pourparlers prennent des années. Il avait d’ailleurs fallu deux ans et demi pour négocier l’accord de retrait scellant le départ britannique, conclu fin 2019, un texte qui apporte une sécurité juridique aux expatriés des deux côtés de la Manche et fournit des garanties pour le maintien de la paix sur l’île d’Irlande.

Cet accord marque aussi une victoire pour la « méthode Barnier », en référence à Michel Barnier, le négociateur côté européen. Le Savoyard a su garder face aux Britanniques l’unité des 27 États membres, aux intérêts pourtant parfois très divergents en fonction des différents sous-dossiers de l’accord. Pour cela, il a pris le temps tout au long des longues négociations de tenir au courant à la fois les diplomates de chaque pays ainsi que les représentants du Parlement européen. À chaque fois, les points d’avancée étaient validés, ce qui évitait de revenir dessus par la suite. Autre point fort : la transparence était de mise sur les lignes rouges côté européen, ce qui empêchait les Britanniques de chercher des formulations de principe tout en évitant de rentrer dans les détails pratiques.

Cette méthode a aussi empêché les Britanniques de multiplier les discussions en bilatéral et ainsi de diviser le camp européen. Un succès pour Michel Barnier qui va pouvoir ainsi fêter tranquillement ses 70 ans le 9 janvier 2021. Cet accord couronne une longue carrière au service de l’intérêt général européen.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer