La victoire sans appel de Boris Johnson met Londres sur les rails du Brexit

EPA-EFE/VICKIE FLORES

Le Royaume-Uni quittera le navire européen d’ici à la fin du mois de janvier après que le parti Conservateur a remporté une victoire décisive en s’imposant lors des élections générales du 12 décembre.

Le parti Conservateur de Boris Johnson a remporté les élections générales britanniques avec une large majorité, occupant ainsi 364 des 650 sièges que compte la Chambre des communes. Cette victoire a confirmé le départ britannique de l’UE pour le 31 janvier, voire même plus tôt.

Le locataire du 10 Downing Street s’est engagé à présenter à nouveau son accord sur le Brexit aux législateurs britanniques afin de lancer le processus de ratification avant Noël.

Les États membres de l’UE refusent de payer pour le Brexit

Les États membres se sont opposés à la requête de la Commission de prévoir 50 millions d’euros pour faire face à un éventuel Brexit sans accord. Un accord a néanmoins été trouvé in extremis, le 18 novembre, pour le budget 2020.

Au cours de la campagne électorale, les sondages d’opinion avaient prédit la victoire de Boris Johnson, mais pas dans de telles proportions. En outre, selon les estimations, le parti Travailliste ne devrait recevoir que 203 sièges avec 32,2 % des votes, des résultats qui n’avaient pas été enregistrés depuis 1930.

Les libéraux démocrates, qui s’étaient engagés à abroger l’article 50, devraient gagner un siège supplémentaire, mais ont perdu de peu celui de leur cheffe de file, Jo Swinson.

Le slogan de la campagne électorale de Boris Johnson, « Get Brexit Done » (concrétisons le Brexit), semble avoir efficacement entériné les résultats du référendum de 2016. Les régions du Nord et des Midlands, dont les votes en masse étaient en faveur du Brexit, devraient fournir des avantages considérables au parti Conservateur.

Blyth Valley, une ancienne ville minière et un bastion travailliste du nord-est du pays, est l’une des premières circonscriptions à avoir publié les résultats du vote et annoncé une victoire inédite des Tories depuis 1950. Les conservateurs ont en outre gagné des voix au pays de Galles, une nation également en faveur du Brexit. Londres et l’Écosse, qui ont enregistré les plus fortes majorités de « Pro-Remain » (pro-UE), ont vu aussi vu des revirements au sein des libéraux démocrates et des travaillistes.

« Au cours de son mandat, le gouvernement conservateur œuvrera pour unifier le pays et pour le faire aller de l’avant », a déclaré Boris Johnson lors de son élection. À l’issue de ce scrutin, le parti Conservateur obtient sa plus large majorité depuis 1987.

Négociation commerciale

Néanmoins, bien que les tergiversations au sujet du Brexit soient terminées, d’autres problèmes épineux se profilent.

Les négociations concernant un accord commercial post sortie devraient commencer au début 2020, mais selon le principal négociateur du Brexit pour l’UE, Michel Barnier, seul un accord minimaliste pourrait être finalisé d’ici à la fin de l’année 2020, une fois que la période de transition prévue par Boris Johnson arrivera à son terme.

Entre-temps, le parti national écossais a raflé 48 sièges octroyés au nord de la frontière anglaise, ce qui augmente drastiquement les chances d’un deuxième référendum sur son indépendance.

John McDonnell, un porte-parole du Parti travailliste et bras droit du leader Jeremy Corbyn, a avancé que la frustration des électeurs au sujet du Brexit était responsable des résultats du scrutin. Toutefois, M. Corbyn, qui avait annoncé sa démission dans les mois prochains, a aussi été pointé du doigt par de nombreux membres de parti.

« Nous allons entendre les Corbynistas rejeter la faute sur Brexit et les pro-Remain travaillistes rejeter la faute sur Jeremy Corbyn. Les deux sont à blâmer pour ce qui semble être une nuit terrible pour le parti. Tous deux ont tenu pour acquis que le cœur des travaillistes était le cœur du pays. Nous sommes désolés de ne pas avoir pu vous offrir un parti travailliste digne de confiance », a déclaré Caroline Flint, ancienne ministre chargée de l’Europe sous le gouvernement de Gordon Brown, qui a perdu son propre siège dans le nord de l’Angleterre.

Le dilemme du Royaume-Uni face aux OGM

Le Royaume-Uni ouvrira-t-il ses portes aux OGM après le Brexit ? Telle est la question qui taraude les esprits après que Michel Barnier a annoncé aux eurodéputés que Londres devrait maintenir des conditions équitables pour conclure un accord commercial.

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