Theresa May croit toujours à un accord sur le Brexit

[Andy Rain/EPA/EFE]

La Premier ministre britannique a affirmé qu’un accord sur le Brexit était sur le point d’être conclu, en dépit de l’absence de compromis entre Européens et Britanniques sur la question de la frontière irlandaise.

Lors du sommet européen du 17 octobre, les dirigeants partiront certainement comme ils arriveront: sans accord sur le Brexit.

En effet, les intenses négociations du week-end entre Michel Barnier, négociateur en chef pour l’UE, et son homologue britannique, Dominic Raab, n’ont pas débouché sur un compromis. Et aucune autre rencontre n’est attendue entre les responsables avant le Conseil de mercredi.

Pourtant, devant les députés britanniques, le 15 octobre, Theresa May a déclaré qu’une « grande partie » de l’accord de retrait avait été conclue et que « des progrès substantiels avaient été réalisés sur la structure et la portée de la future relation ».

« Les termes de notre retrait sont maintenant clairs », a-t-elle affirmé, ajoutant qu’il fallait maintenant « garder la tête froide ».

Les négociations entre Londres et l’UE dans une impasse

Les discussions de dernière minute à Bruxelles n’ont pas suffi à débloquer les négociations sur le départ britannique de l’Union européenne, qui butent encore et toujours sur le sort de la frontière irlandaise après le Brexit.

La principale pierre d’achoppement dans les négociations reste la manière d’éviter une frontière réelle entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande et la durée d’un arrangement douanier temporaire, dans le cas où aucun accord commercial n’est trouvé avant la fin des 21 mois de la période de transition.

Le « filet de sécurité » proposé par l’UE permettrait à l’Irlande du Nord de rester dans l’union douanière. Le Royaume-Uni a quant à lui proposé un accord douanier global qui prendrait fin en décembre 2021, soit un an après la fin d’une période de transition post-Brexit.

« Le Royaume-Uni et l’UE partagent tous deux la responsabilité de faire vivre l’accord du Vendredi saint », a déclaré Theresa May, faisant référence à l’accord de 1998 mettant fin aux hostilités en Irlande du Nord.

« Deux problèmes majeurs perdurent. L’UE dit que nous n’avons pas le temps de travailler sur la solution britannique dans les prochaines semaines », a rapporté la Première ministre ajoutant que l’UE avait « en réalité besoin d’un filet de sécurité pour le filet de sécurité ».

« Je dois pouvoir regarder les Britanniques dans les yeux et leur dire que ce filet de sécurité n’est pas permanent », a-t-elle asséné, avant de préciser que « le filet de sécurité doit servir de politique d’assurance ».

May se pose en seule alternative à un Brexit chaotique

Face à des conservateurs divisés, Theresa May prévient que le Brexit sera chaotique si son parti ne soutient pas son projet.

 

Le parti unioniste démocrate (DUP) d’Irlande du Nord, dont les dix députés soutiennent le gouvernement de Theresa May, soutient qu’il n’acceptera pas d’être séparé du marché interne britannique.

Lors d’un débat houleux, la Première ministre a rejeté l’idée, mise en avant par certains pro-Brexit, d’utiliser les solutions technologiques à disposition pour éviter des contrôles douaniers physiques à la frontière irlandaise.

Theresa May a également rejeté la prolongation du processus de l’article 50 ainsi que l’appel de certains députés travaillistes et conservateurs pour un « vote du peuple » sur les termes du divorce. Elle a par ailleurs accusé le parti travailliste d’opposition de « vouloir faire échouer le Brexit », et a montré sa détermination pour éviter « de se retrouver sans accord, ce que personne ne veut ».

Pour Jeremy Corbyn, chef de file de l’opposition, cette intervention est encore une déclaration comme les autres, sans nouveauté, de la part de « ce désastre de gouvernement ». « Le Brexit qu’ils sont en train de négocier les yeux bandés est un pont vers nulle part », a-t-il ajouté.

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