Theresa May peine à rassurer ses députés frondeurs

La Premier ministre britannique a assuré à ses députés que « 95 % » de l’accord sur le Brexit était conclu. Et appelé à garder son sang froid pour la dernière ligne droite des négociations.

Lors d’un discours devant les députés britanniques suite au Conseil européen de la semaine dernière, Theresa May a affirmé que 95 % de l’accord sur le Brexit avait été conclu.

Ayant fait l’objet de critiques tous azimuts sur sa stratégie de négociation, qui consiste à exiger une relation commerciale en maintenant le Royaume-Uni dans le marché unique des biens mais pas des services, la Première ministre britannique a déclaré que les discussions n’étaient « pas dans [s]on intérêt mais dans l’intérêt national. »

L'impasse du Brexit se confirme au sommet européen

Theresa May et les 27 n’ont pas progressé sur l’accord  de divorce entre Londres et Bruxelles. Michel Barnier estime pour sa part avoir encore besoin de « beaucoup de temps » pour finaliser un compromis.

Elle a rappelé qu’il restait « une pierre d’achoppement et pas la moindre », à savoir, comment empêcher le retour à une frontière physique avec la république d’Irlande.

Les négociations sur l’accord de retrait du Royaume-Uni et les futures relations commerciales avec l’UE ont été freinées par l’incapacité à trouver une garantie pour éviter de revenir à une frontière réelle entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Cette situation pourrait bien advenir si aucun accord n’est conclu sur les relations UE/Royaume-Uni avant la fin d’une période de transition de 21 mois, à compter du départ officiel du Royaume-Uni en mars prochain.

Theresa May a toutefois insisté sur le fait que la position de l’UE avait changé et qu’elle était désormais en train de « travailler activement » avec le Royaume-Uni pour trouver un compromis. Elle a rappelé que tout accord impliquerait un arrangement douanier temporaire entre l’UE et le Royaume-Uni, qui permettrait un accès total de toutes les entreprises nord-irlandaises sur le territoire britannique.

Lors d’une réunion de l’Assemblée parlementaire britannico-irlandaise le 22 octobre, les ministres ont été prévenus du fait qu’un échec sur la question de la frontière irlandaise pouvait entraîner un retour de la violence.

« Nous serions très inquiets pour n’importe quelle frontière, n’importe quelle installation que le peuple irlandais serait capable d’abattre de ses propres mains », a déclaré le sénateur irlandais Franck Feighan.

Theresa May a rejeté les appels à un second référendum sur le Brexit, considérant que cette décision relevait du gouvernement, et qu’il s’agissait donc d’un « vote politique ». Le samedi 21 octobre, environ 700 000 personnes ont manifesté dans le centre de Londres pour demander un « vote du peuple » sur les termes du Brexit.

Toutefois, la Première ministre n’a pas nié que le gouvernement préparait des plans d’urgence en vue d’un éventuel référendum.

Theresa May croit toujours à un accord sur le Brexit

La Première ministre britannique a affirmé qu’un accord sur le Brexit était sur le point d’être conclu, en dépit de l’absence de compromis entre Européens et Britanniques sur la question de la frontière irlandaise.

De plus en plus de gens pensent que Theresa May sera confrontée à une contestation au sein de son propre parti. Selon les règles du Parti conservateur, 48 députés (soit l’équivalent de 15 % des députés du parti) peuvent déclencher un vote de contestation pour écarter la Première ministre de son poste.

Ces rumeurs n’ont pas été dissipées par le voyage des anciens ministres Ian Duncan Smith et Owen Paterson, de passage à Bruxelles lundi 22 octobre pour rencontrer le négociateur en chef de la Commission européenne, Michel Barnier, au nom du groupe de recherche européen composé d’une soixantaine de députés qui soutiennent fermement le Brexit.

Ils ont fait valoir qu’il existait des solutions technologiques permettant d’éviter une frontière dure en Irlande.

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