Brexit : la polémique enfle entre David Frost et l’UE à propos de l’Irlande du Nord

David Frost, le ministre britannique chargé du Brexit. [Stephanie Lecocq/EPA/EFE]

David Frost, le ministre britannique chargé du Brexit, a publié une tribune dans le Financial Times dans laquelle il appelle l’UE à revoir le protocole sur l’Irlande du Nord, éventuellement dès la réunion prévue mercredi 9 juin avec le commissaire européen Maroš Šefčovič. Un article d’EURACTIV Italie.

Dans l’opinion qu’il a rédigée, David Frost souligne les difficultés rencontrées par le Royaume-Uni dans la gestion du protocole sur l’Irlande du Nord. Il met en évidence les conséquences politiques qu’il a engendrées, notamment les remous qui ont conduit à la démission de la Première ministre, Arlene Foster.

« Il y a eu des conséquences réelles sur la vie des gens. Nous avons sous-estimé l’effet du protocole sur la circulation des marchandises en Irlande du Nord, plusieurs fournisseurs britanniques ayant tout simplement renoncé à expédier des marchandises en raison de la paperasserie excessive », a écrit David Frost.

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La chef du Parti unioniste démocratique (DUP), Arlene Foster, a annoncé sa démission mercredi (28 avril). Elle quittera son poste de chef du DUP le 28 mai et son poste de premier ministre d’Irlande du Nord en juin.

Le ministre a ajouté que le Royaume-Uni travaillait avec l’UE pour tenter de résoudre la situation, en proposant des solutions de compromis. Cependant, il affirme n’avoir reçu que peu ou pas de retour de Bruxelles.

Côté européen, de nouvelles critiques ont été lancées à l’encontre de l’ancien négociateur britannique, jugé plus occupé à adresser des messages aux médias qu’à se concentrer sur la résolution des problèmes, comme l’a déclaré le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney : « Frost continue à mettre les difficultés du protocole nord-irlandais sur le compte de l’inflexibilité de l’UE », a-t-il écrit sur Twitter, ajoutant qu’au contraire, l’UE s’employait depuis longtemps à proposer de nouvelles solutions.

Le Français Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, a laissé entendre que David Frost avait soulevé la question du protocole sur l’Irlande du Nord pour éviter une frontière dure sur l’île d’Irlande. Il a cependant précisé que « le protocole n’[était] pas le problème, mais une solution à un problème que nous n’avons pas créé ».

Par le biais du protocole sur l’Irlande du Nord, l’Ulster continue effectivement à faire partie du marché unique européen, les règles douanières européennes sont donc appliquées aux marchandises en provenance de Grande-Bretagne. L’un des principaux problèmes est le contrôle des produits alimentaires d’origine végétale et animale et la documentation requise pour les produits qui traversent la mer d’Irlande.

Demain, mercredi 9 juin, David Frost rencontrera Maroš Šefčovič, le vice-président de la Commission chargé des relations interinstitutionnelles, qui suit depuis longtemps les questions relatives au Brexit. Le sujet sera, bien entendu, la question de l’Irlande du Nord et la récente spirale de violence qui a agité l’Ulster, déclenchée par les unionistes.

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L’introduction de contrôles douaniers sur les marchandises arrivant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne provoque la grogne des unionistes.

Selon une proposition de l’UE, 80 % des contrôles dans les ports britanniques pourraient être évités si le Royaume-Uni acceptait de s’aligner sur le règlement sanitaire et phytosanitaire européen. David Frost a cependant confirmé, lundi 7 juin, qu’il n’accepterait aucun accord qui obligerait le Royaume-Uni à adopter une loi européenne.

Le ministre britannique a toutefois présenté une contre-proposition, dont l’objectif est de trouver une norme de qualité commune en matière de sécurité alimentaire et de santé des animaux d’élevage et de compagnie. Si le Royaume-Uni devait s’écarter de ces normes, les parties devraient trouver une solution pour minimiser les risques pour le marché unique européen. Les parties attendent désormais la tenue de nouvelles discussions afin de poursuivre le difficile processus de normalisation des relations.

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