Brexit: Le 31 octobre, et après ?

Le deuxième report du Brexit ne sera probablement pas le dernier. [Shutterstock]

Dans la foulée du report du Brexit au 31 octobre, certains diplomates et représentants des États membres ont déjà admis que le feuilleton du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne pourrait bien connaître d’autres prolongations.

Le sommet extraordinaire des dirigeants européens, mercredi soir à Bruxelles, s’est poursuivi tard dans la nuit, Emmanuel Macron menant la charge contre la longue extension que certains envisageaient et qui aurait repoussé la date du divorce jusqu’à la fin de l’année, voire jusqu’en mars 2020.

Les dirigeants européens repoussent le Brexit au 31 octobre

Le Royaume-Uni devrait rester dans l’UE jusqu’au 31 octobre et prendre part aux élections européennes de mai, Theresa May ayant obtenu une nouvelle prolongation afin d’éviter une sortie sans accord.

Au terme de huit heures de discussions, les Européens ont fini par se mettre d’accord sur un report au 31 octobre.

Mais le secrétaire général de la Commission européenne, Martin Selmayr, a imaginé un nouveau hashtag ironique sur Twitter: #29MarchMeans12AprilMeans31Oct (le 29 mars, ça veut dire le 12 avril qui veut dire le 31 octobre).

Allusion à ce calendrier mouvant, où pendant deux ans, la date du 29 mars était inscrite comme celle du départ, avant d’être repoussée au 12 avril; une nouvelle date qui, à son tour et à moins de quarante-huit heures de l’échéance, a été reportée au 31 octobre.

Allusion aussi au « Brexit means Brexit » (« Brexit, ça veut dire Brexit »), la formule derrière laquelle Theresa May s’est longtemps cachée quand on la pressait de définir les conditions dans lesquelles elle souhaitait que le Royaume-Uni sorte de l’UE.

Date butoir fictive?

Rien à ce stade ne permet de dire que la date butoir du 31 octobre sera la bonne. Et, en fonction des développements qui vont se produire au Royaume-Uni, on ne peut balayer la perspective de nouveaux reports, reconnaissent diplomates et hauts fonctionnaires européens.

« Si la Grande-Bretagne décide d’organiser un second référendum sur le Brexit, nous le prolongerons encore, même en juin », confie un haut responsable de l’UE qui était présent mercredi soir dans la salle du conseil européen.

Un autre, en écho, abonde: « La situation juridique, c’est que tout est possible. Une semaine, c’est long en politique et nous leur avons donné désormais 29 semaines. C’est très, très long et beaucoup de choses pourraient se passer. »

En toile de fond, peu d’Européens sont prêts à accepter un « No Deal », cette sortie sans accord qui inquiète les agents économiques. « Une issue terrible », a confié jeudi à Washington la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde.)

Angela Merkel l’a suffisamment répété: la chancelière allemande veut un départ ordonné et elle est prête à mobiliser toutes ses capacités de patience pour y parvenir.

Donald Tusk, le président du Conseil européen, ne cache pas de son côté que la meilleure manière de procéder serait d’annuler purement et simplement le Brexit. Il l’a redit jeudi. Et certains estiment que sa stratégie consiste à faire traîner la procédure de divorce dans l’espoir que les Britanniques finiront par changer d’avis.

Les dangers pour l’environnement d’un Brexit sans accord

À 8 jours d’une probable sortie britannique de l’UE sans règles, la liste des dommages potentiels à l’environnement commence à se préciser. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.