Brexit. Les hôpitaux face au « Brexodus » du personnel de santé européen

Les hôpitaux britanniques font face au départ de milliers d’employés européens. Ce « Brexodus » inquiète sérieusement les autorités sanitaires. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Cela fait neuf ans que David Diaz Gomez exerce comme échographe et sage-femme au Royaume-Uni. Pourtant, l’Andalou de 43 ans est en train de préparer des concours pour déménager en Espagne. La faute au Brexit et à toutes les incertitudes qu’il fait peser sur les quelque trois millions de citoyens européens qui vivent outre-Manche.

Quel sera leur statut après le 30 mars 2019, date du Brexit ? « Juste après le vote, je ne me posais pas trop de questions, se souvient David, à la sortie du Saint George’s hospital, dans le quartier de Tooting. Maintenant, je veux assurer mes arrières ! »

Ces Britanniques qui veulent faire annuler le Brexit

Au Royaume-Uni, environ 500 000 personnes adhèrent aux collectifs pro-européens créés après le Brexit. Parmi eux, 30 000 militants cherchent à obtenir un second référendum. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Des remarques hostiles des patients

Olaya de la Iglesia, elle, a franchi le pas. La kinésithérapeute est rentrée en Espagne, en mars. « Je me sens beaucoup mieux ! » Jusqu’en 2016, elle coulait des jours heureux à Norwich, avec son mari britannique et leurs enfants. Un an plus tard, la montée de la xénophobie a plongé Olaya dans le doute, puis dans la dépression.

Confrontée à des remarques hostiles de ses patients, l’Espagnole a cherché en vain le soutien de ses collègues. « Ils n’avaient pas la moindre idée des conséquences du vote pour les Européens du pays, rapporte Olaya. J’ai même eu droit à un rappel à l’ordre de ma hiérarchie, on m’a dit que je n’avais pas le droit de parler de politique en salle de repos. » Submergée par l’angoisse, Olaya s’est vu prescrire un arrêt maladie. Six mois plus tard, toute la famille a mis le cap sur les Asturies. Pour Olaya et David, ce retour sur le continent ne règle pas tout. Par exemple, qu’adviendra-t-il de leurs cotisations de retraite ?

L’Écosse à la recherche de la voie la «moins pire» pour le Brexit

« La meilleure option pour nous est de rester dans l’Union européenne », assure la ministre écossaise à la Culture et aux Affaires extérieures. Face à la réalité du Brexit, le gouvernement écossais « tente d’identifier la voie la moins pire ».

Pénurie de personnel

Pour le National Health Service, le service public de santé britannique, ce « Brexodus » des personnels originaires de l’UE, est aussi sacrément problématique. Ils sont plus de 62 000, soit 5,6 % du total des soignants. Or, depuis le 1er janvier 2017, près de 4 000 sages-femmes et infirmiers européens ont quitté le NHS. Et les nouvelles recrues en provenance du continent sont rares : seules 805 l’an dernier !

Au point que le gouvernement a annoncé vouloir proposer très vite des contrats de trois ans à 5 500 infirmières en Jamaïque. C’est que le « Brexodus » des Européens intervient dans un contexte de pénurie ancienne et aiguë de personnel. 35 000 postes d’infirmier et 10 000 postes de médecin sont vacants…

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.