Brexit: réunion d’urgence UE-GB pour clarifier les positions

Les négociations butent notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable. [EPA-EFE/FACUNDO ARRIZABALAGA]

Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, se rend à Londres ce jeudi 10 septembre pour obtenir des clarifications sur la mise en œuvre de l’accord de retrait par le gouvernement britannique. Londres a défendu, mercredi, sa volonté de revenir sur certains engagements pris dans le cadre du Brexit.

Il s’agit « d’obtenir des clarifications du Royaume-Uni quant à l’application pleine et entière, et à la date prévue, de l’accord de retrait », a expliqué le porte-parole de l’exécutif européen Eric Mamer sur Twitter.

 

Londres a défendu mercredi sa volonté de revenir sur certains engagements pris dans le cadre du Brexit, une violation assumée du droit international qui provoque la colère des Européens à un moment critique des négociations sur la future relation entre le Royaume-Uni et les 27.

Le secrétaire d’État pour l’Irlande du Nord Brandon Lewis a ainsi déclaré aux législateurs du Royaume-Uni que les ministères britanniques s’apprêtaient à bafouer certains éléments de l’accord sur le Brexit conclu avec le navire européen en publiant un nouveau projet de loi sur le marché intérieur mercredi.

Il semblerait que le projet de loi révise les critères établis dans le protocole prévoyant des arrangements douaniers avec l’Irlande du Nord afin de garantir l’absence de contrôles à la frontière irlandaise à partir de 2021.

L'UE appelle Londres à respecter l'accord de retrait

Le Royaume-Uni se prépare à rompre les conditions de son accord de retrait si aucune nouvelle entente commerciale n’est pas trouvée avec l’UE avant la fin de l’année, a confirmé un ministre britannique.

 

 

Mais en retoquant un traité international, ce texte « viole le droit international d’une manière très spécifique et limitée », de l’aveu même du ministre chargé de l’Irlande du Nord, Brandon Lewis.

Pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, une telle violation « saperait la confiance » entre les deux partenaires. La cheffe de l’exécutif bruxellois s’est dite dans un tweet « très préoccupée » par les annonces britanniques, soulignant locution latine à l’appui que le respect des conventions représente le « fondement de relations futures prospères ».

Plus de sept mois après la sortie historique du Royaume-Uni de l’Union européenne, les deux parties sont censées s’accorder avant la fin de l’année sur les modalités de leur coopération, commerciale ou sécuritaire.

Pluie de critiques

La décision britannique a suscité une pluie de critiques, jusque dans le camp conservateur de Boris Johnson, y compris de la part d’anciens chefs du gouvernement, de Theresa May à John Major. Ce dernier estime que si le Royaume-Uni « perdait sa réputation d’honorer (ses) promesses », il perdrait « quelque chose qui n’a pas de prix et que nous ne retrouverons peut-être jamais ».

Devant les députés, Boris Johnson a défendu un texte qui vise à « garantir la fluidité et la sécurité » du marché intérieur britannique.

Le protocole nord-irlandais vise à garantir l’absence de frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, membre de l’UE, et à éviter la résurgence de tensions dans cette région, ensanglantée par trois décennies de « troubles » jusqu’à la signature de l’accord de paix du Vendredi saint en 1998.

Le retour de contrôles douaniers fait craindre un regain de tensions dans la province britannique.

Il s’agit de « protéger notre pays contre l’interprétation extrême ou irrationnelle du protocole, qui pourrait conduire à une frontière en mer d’Irlande d’une manière qui, à mon avis serait préjudiciable à l’intérêt de l’accord du Vendredi Saint et préjudiciable aux intérêts de la paix dans notre pays », a plaidé M. Johnson.

Le leader des indépendantistes écossais du SNP à la Chambre des communes, Ian Blackford, l’a accusé de créer un « état voyou ».

Crainte d’un « no deal »

Le gouvernement allemand a dit « attendre » du Royaume-Uni la mise en oeuvre « complète » de l’accord sur le Brexit.

« Des engagements ont été pris, ils doivent être appliqués. Entre amis et alliés, nous devons tenir parole et respecter le droit », a renchéri le secrétaire d’Etat français chargé des affaires européennes Clément Beaune.

Malgré sa sortie de l’UE, le Royaume-Uni reste régi par la réglementation européenne jusqu’à fin décembre, période de transition pendant laquelle les deux parties tentent de conclure un accord de libre-échange. Les discussions calent et font craindre un « no deal » destructeur pour l’économie.

La France se prépare « à tous les scénarios », selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Avant le démarrage, le négociateur britannique David Frost avait appelé l’UE à « faire preuve de plus de réalisme sur le statut de pays indépendant » du Royaume-Uni.

Les négociations butent notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable.

Le temps presse, Bruxelles voulant un accord d’ici à la fin octobre pour permettre une ratification dans les temps. Boris Johnson a averti de son côté que faute de compromis d’ici au sommet européen du 15 octobre, il se satisferait d’un « no deal ».

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