Brexit : sur l’agroalimentaire, l’UE propose un accord proche de celui conclu avec la Suisse

Selon le commissaire Maroš Šefčovič, l’interlocuteur du Royaume-Uni depuis la finalisation du Brexit, le principal défi pour Bruxelles est de reconstruire et de réaligner sa relation avec Londres. EPA-EFE/OLIVIER HOSLET / POOL

Afin de mettre un terme à la « guerre des saucisses », l’Union européenne pousse le Royaume-Uni à envisager un accord semblable à celui qui la lie à la Suisse sur les produits agroalimentaires. Un article d’Euractiv Italie.

Les tensions liées aux accords sur l’Irlande du Nord se sont accrues, en particulier pour certains types de produits alimentaires comme la viande surgelée, car la frontière ouverte de l’Ulster avec la République d’Irlande, membre de l’UE, constitue la seule frontière terrestre du Royaume-Uni avec le marché unique européen.

Selon le commissaire Maroš Šefčovič, l’interlocuteur du Royaume-Uni depuis la finalisation du Brexit, le principal défi pour Bruxelles est de reconstruire et de réaligner sa relation avec Londres.

« Pour rétablir la confiance mutuelle, il faut d’abord coopérer et ensuite éviter les surprises », a-t-il affirmé, en référence à l’extension unilatérale de la période de grâce avec l’Irlande du Nord pour certains produits importés par le Royaume-Uni.

"Guerre des saucisses" : Bruxelles "confiante" qu'une solution puisse être trouvée avec Londres

Les dispositions douanières spécifiques à la province britannique depuis le Brexit y ont provoqué de vives tensions.

« En réponse à cette décision unilatérale, nous avons été contraints de lancer une procédure d’infraction et, sans mesures satisfaisantes de la part du Royaume-Uni, nous serons contraints de passer par les voies légales », a déclaré Maroš Šefčovič lors d’une conférence de presse. Les accords commerciaux entre les deux parties sont régis par le protocole sur l’Irlande du Nord, qui fait partie de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Maroš Šefčovič a déclaré qu’une procédure juridique pour non-application du protocole n’était pas la voie que l’UE entendait suivre et que la décision de prolonger de trois mois la libre circulation de la viande surgelée vers l’Irlande du Nord témoignait des bonnes intentions européennes.

Selon Bruxelles, une solution à long terme peut encore être trouvée pour éviter les contrôles sanitaires et phytosanitaires des produits agroalimentaires. Ces contrôles concernent aussi bien les animaux que la viande fraîche ou encore les produits végétaux. Le modèle à suivre est l’accord existant entre l’UE et la Suisse.

Cet accord supprime presque tous les contrôles physiques, ne laissant que ceux portant sur les documents, par le biais d’un mécanisme de réglementation dynamique qui crée une zone vétérinaire commune. « Il pourrait être négocié très rapidement et répondrait à plusieurs préoccupations », a expliqué Maroš Šefčovič. « L’application par le Royaume-Uni des règles européennes en matière de contrôles éliminerait une grande partie des problèmes. »

L’objectif du protocole est de maintenir un équilibre entre l’accord du Vendredi Saint de 1998, qui a apporté la paix après 30 ans de conflit en Irlande du Nord, et la nécessité de contrôler le flux de marchandises importées dans l’UE.

Au G7, la guerre des saucisses entre Macron et Johnson

Le gouvernement britannique s’inquiète particulièrement de l’entrée en vigueur en juillet de règles empêchant l’envoi en Irlande du Nord de viande réfrigérée et voudrait selon la presse britannique la reporter de manière unilatérale.

Grâce à ce protocole, l’Irlande du Nord fait effectivement partie de l’union douanière européenne, alors que le reste du Royaume-Uni en est exclu. Cela signifie que les marchandises transportées de Grande-Bretagne en Irlande du Nord doivent faire l’objet de contrôles douaniers, même si elles restent dans le même État.

Londres a toujours fait valoir que la possibilité de ne pas être soumis aux règles européennes constituait un élément important du Brexit. Elle a donc demandé à l’UE plus de flexibilité sur les contrôles imposés par le protocole.

Selon Lindsay Croysdale-Appleby, l’ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l’UE, Londres voit « une grande variété de problèmes » provenant du protocole qui doivent être réglés, alors que l’UE ne voit pour sa part que « quelques rares problèmes spécifiques ».

« Il ne peut être vrai que l’interdiction de la circulation des saucisses britanniques est essentielle au marché unique européen », a déclaré Lindsay Croysdale-Appleby. « Les vrais problèmes sont bien plus graves que ceux auxquels la Commission tente de trouver une solution. »

Subscribe to our newsletters

Subscribe