Les négociateurs du Brexit promettent d’accélerer la cadence

Dominic Raab et Michel Barnier. [European Commission]

Les négociateurs européen et britannique ont promis d’accélérer les discussions pour éviter un Brexit sans accord. Ils n’ont plus que deux mois pour s’accorder sur un texte.

Le temps presse. Le Royaume-Uni quittera officiellement l’UE le 30 mars 2019. Or pour laisser le temps aux différents parlements de ratifier le texte, il faut théoriquement  finaliser l’accord de sortie, ainsi qu’ une « déclaration politique » sur l’avenir des relations entre les deux parties d’ici fin octobre.

L’accalmie estivale n’a pas empêché les négociateurs du Brexit de se réunir à nouveau à Bruxelles la semaine dernière. Michel Barnier, négociateur en chef pour l’Europe, s’est même entretenu avec le ministre britannique au Brexit, Dominic Raab, le 22 août.

Après des semaines durant lesquelles les deux camps ont joué sur la perspective d’un Brexit sans accord, ou Brexit dur, selon lequel Londres quitterait l’union sans qu’aucun accord ait été conclu sur l’avenir des relations ou le règlement du divorce, ce sont le pragmatisme et le sens pratique qui ont été mis à l’honneur par les deux représentants.

« Nous devons dédramatiser la situation », a déclaré Michel Barnier.

Liam Fox prédit un Brexit sans accord

Le ministre britannique du Commerce international a estimé que l’hypothèse d’un Brexit sans accord entre Londres et Bruxelles était désormais la plus probable.

Les deux camps ont confirmé que les négociations continueront de manière permanente à Bruxelles dans les deux mois à venir. « Les négociations entrent dans leur dernière étape », a souligné le Français, qui a ajouté que les représentants des deux camps se rencontreront de manière « continue » dans les semaines à venir.

L’absence d’un accord final annulerait l’entende conclue en décembre, qui prévoit que Londres verse 39 milliards d’euros au budget européen, pour sa part d’engagements communs, et reste dans le marché unique pour une période de transition de 21 mois après le 30 mars.

C’était la troisième fois que Michel Barnier rencontrait Dominic Raab, après la démission de son prédécesseur, David Davis, en juillet. Malgré la bonne volonté affichée, les désaccords restent clairs.

Michel Barnier a souligné que les priorités de l’UE en matière de protection du projet européen et d’intégrité du marché unique restaient inchangées, et a indiqué qu’à l’exception de la question de la frontière de l’Irlande du Nord, des progrès encourageants avaient été réalisés dans le cadre de la politique étrangère et de la sécurité.

« Nous sommes beaucoup plus avancés sur la politique étrangère et de sécurité que sur les relations économiques futures », a-t-il assuré aux journalistes. « Notre défi dans les semaines à venir est d’essayer de définir un partenariat ambitieux, un partenariat sans précédent. Si cela est compris, nous pouvons conclure les négociations avec succès. »

La Première ministre britannique, Theresa May, a demandé la signature d’un traité distinct sur la coopération en matière de politique étrangère et de sécurité. Étant donné que le Royaume-Uni souhaite continuer à participer à la législation et aux programmes de l’UE sur la police et la lutte contre le terrorisme, la défense et les affaires étrangères, le gouvernement avait supposé que ce traité plus facile à négocier qu’un accord commercial. Toutefois, les responsables britanniques ont exprimé de la déception quant au rythme des pourparlers.

La question d’un possible « filet de sécurité » sur l’Irlande du Nord, qui permettrait d’éviter l’instauration d’une « frontière dure », est le dernier grand point en suspens de l’accord de retrait et a retardé les discussions sur d’autres questions.

Dominic Raab a insisté sur les « échanges positifs » ayant eu lieu sur les trois principaux volets à négocier : l’Irlande du Nord, la politique étrangère et de sécurité et les relations commerciales futures. Il a toutefois ajouté qu’il y avait « encore quelques problèmes importants à surmonter, et pas seulement sur l’Irlande du Nord ».

« Il y a encore des lacunes et nous avons eu une conversation honnête à ce sujet », a-t-il expliqué.

Le ministre, qui avait milité pour une sortie de l’UE lors du référendum britannique de 2016, a voulu minimiser l’idée que le gouvernement britannique se préparait à un scénario « sans accord ». « Nos actions parlent plus fort que les mots. Je suis ici et je serai de nouveau ici la semaine prochaine. »

« Nous avons trois bons ingrédients pour un accord – l’énergie, l’ambition et le pragmatisme – et si nous trouvons en face de nous ces mêmes ingrédients, nous obtiendrons un accord », a-t-il assuré. Il s’est déclaré « confiant » sur l’obtention d’un texte d’ici fin octobre, bien qu’il estime qu’il faille « revitaliser » les négociations, une pique à l’intention de son prédécesseur.

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