Bruxelles espère plus de «substance» pour la reprise des négociations du Brexit

David Davis, principal négociateur britannique, et son homologue européen, Michel Barnier.

Le troisième cycle de négociation du Brexit démarre. Malgré le manque de progrès sur les questions importantes jusqu’ici, l’UE insiste pour prolonger les discussions au-delà de mars 2019.

Les négociations du mois d’août se concentreront à nouveau, comme en juillet, sur la question financière, la « facture du Brexit », ainsi que sur les droits des citoyens et la frontière nord-irlandaise.

Lors des cycles précédents, la délégation britannique n’était pas parvenue à entrer dans le détail de ses obligations financières, ce qui avait poussé une source européenne à regretter le « manque de substance » entravant les discussions. Cette fois-ci, elle compte présenter une analyse juridique de la situation.

Des représentants européens ont également accusé Londres de « rêver » en imaginant pouvoir mettre en place une frontière invisible avec la République d’Irlande, ce qui confirme que des échanges commerciaux « libres et sans frictions » après le Brexit ne seront pas possibles.

Les désaccords minent les négociations du Brexit

Lors d’un second cycle des négociations, l’UE et le Royaume-Uni ont campé sur leur position sur la question des obligations financières de Londres et celle du tribunal qui garantira les droits des citoyens européens dans un monde post-Brexit.

La garantie des droits des citoyens après la sortie effective du pays de l’UE reste une difficulté majeure des discussions et des représentants européens ont indiqué à Euractiv qu’ils ne s’attendaient pas à de grands progrès à ce sujet dans la semaine.

La semaine dernière, une centaine de citoyens européens vivant au Royaume-Uni a reçu des avis d’expulsion, une erreur rapidement admise par le gouvernement britannique, mais qui n’a pas manqué d’inquiéter la Commission.

La livre sterling continue pour sa part de prendre l’eau face à l’euro et des experts indiquent que les deux monnaies pourraient atteindre la même valeur pour la première fois dans le courant du mois de septembre. Selon certaines estimations, la facture du Brexit pourrait donc être aujourd’hui 17 % plus élevée qu’au moment du référendum, en juin 2016.

Tant que les questions de cette facture, de la frontière nord-irlandaise et des droits des citoyens ne seront pas sur la bonne voie, les négociations sur d’autres sujets, comme les futures relations commerciales entre l’UE et le Royaume-Uni, ne commenceront pas, conformément à l’accord obtenu au Conseil avant le début des discussions.

Le Premier ministre irlandais entend « bâtir des ponts » malgré le Brexit

Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a déclaré vouloir « bâtir des ponts, pas des frontières » entre son pays et l’Irlande du Nord, rappelant son opposition à l’établissement d’une « frontière économique » entre les deux voisins après le Brexit.

Bruxelles suit sa stratégie de négociation en refusant d’ouvrir des pourparlers sur tous les sujets en même temps. Ses représentants insistent que ce parti pris bénéficie à la fois aux 27 et à Londres, car il privilégie l’avancement des négociations et entrave toute technique de ralentissement du processus.

La question de l’Irlande du Nord sera l’une des plus importantes de ce cycle. Bruxelles a enjoint le Royaume-Uni à prendre ses responsabilités à ce sujet. Des sources européennes insistent sur le fait que la frontière irlandaise ne pouvait en aucun cas être utilisée comme un levier stratégique dans la conclusion d’un accord commercial futur.

D’autres points, comme le traité Euratom, qui régit la sécurité atomique et le déplacement de matières fissiles, seront également à l’ordre du jour, même si Londres n’a pas encore fourni de document de positon sur la sûreté nucléaire.

Tweet de Sam Morgan : « C’est de nouveau l’heure du Brexit, voici le programme du troisième cycle de négociation : il commence tard et finit tôt. »

Les agriculteurs britanniques risquent gros avec le Brexit

L’accord de Brexit que parviendra à négocier Londres pourrait faire la part belle à l’agriculture britannique… ou la couler, selon une étude publiée par l’institut de l’agroalimentaire et des biosciences.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.