Les chefs d’entreprise britanniques réclament l’assouplissement des règles post-Brexit sur l’immigration

Les chefs d’entreprise britanniques demandent au gouvernement de Boris Johnson de revoir les mesures sur la migration qui s’appliqueront après le Brexit, notamment en abaissant le revenu minimum exigé pour pourvoir venir vivre et travailler dans le pays.

Après que le Royaume-Uni aura officiellement quitté le giron européen, le 31 janvier prochain, le gouvernement britannique, qui a promis de mettre fin à la liberté de circulation, s’attèlera à attirer des travailleurs « hautement qualifiés » sur son territoire. En mettant en place un système d’immigration « à points », semblable à celui de l’Australie.

Dernière ligne droite pour la ratification européenne de l'accord sur le Brexit

Les présidents de la Commission européenne et du Conseil ont signé ce 24 janvier l’accord sur le Brexit approuvé par le Royaume-Uni pour permettre sa ratification par le Parlement européen, a annoncé Ursula von der Leyen.

L’exécutif a en effet validé une recommandation du conseil consultatif en matière d’immigration. Cet organe indépendant préconise de fixer à 30 000 livres sterling (36 000 euros) le salaire annuel minimal donnant aux « migrants qualifiés » le droit demander un visa de cinq ans.

Mais une étude de la Fédération des petites entreprises (FSB), publiée le 24 janvier, révèle que 35% des petites sociétés britanniques engagent du personnel considéré comme « hautement qualifié » à des postes dont les salaires annuels sont inférieurs à 30 000 livres. Et plus de 80 % d’entre elles ont ajouté qu’elles ne pourraient pas se permettre d’augmenter les rémunérations pour atteindre ce montant plancher.

58% des entreprises sondées estiment également que le revenu minimal devrait être revu à la baisse pour les travailleurs déjà présents au Royaume-Uni, et qui peinent à trouver un emploi.

« Avec l’augmentation des frais généraux des petites entreprises – notamment en raison de la hausse l’impôt foncier des entreprises, des factures des services publics et de l’augmentation des frais de personnel – l’instauration d’un seuil de 30 000 livres menace de perturber sérieusement un marché du travail déjà en proie à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, et à un manque de postes vacants. La première réaction des propriétaires de petites entreprises face à l’augmentation des salaires est généralement de réduire le leur – ils ne peuvent cependant pas faire davantage », indique le président de la FSB, Mike Cherry.

Un montant « plus raisonnable » de 20 100 livres

« Si ce montant plancher était gravé dans le marbre… tous ceux qui ont besoin de faire appel à des talents venus de l’étranger seraient très inquiets », ajoute-t-il, en plaidant pour que « le chiffre de 30 000 livres soit revu et qu’un seuil plus raisonnable de 20 100 livres soit fixé pour les travailleurs qualifiés. »

Parallèlement, un message similaire provenant des leaders de 30 associations professionnelles, figurant dans une lettre publiée le 24 janvier et destinée à la ministre de l’Intérieur, Priti Patel, appelle également le gouvernement à faire preuve de plus de flexibilité.

Ce revenu minimal a été vivement critiqué dans toute une série de secteurs économiques. Le chiffre de 30 000 livres dépasse nettement celui du salaire moyen au Royaume-Uni et est également supérieur au traitement des infirmières, des enseignants et des médecins en début de carrière, notamment.

Le Brexit inquiète patrons et syndicats britanniques et européens

Des représentants syndicaux et patronaux britanniques et européens ont appelé mercredi Londres et Bruxelles à accomplir des progrès dans leurs négociations sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne avant le Conseil européen cette semaine.

Outre l’abaissement du montant du salaire minimum, les signataires de la lettre réclament également davantage de flexibilité pour que les travailleurs qualifiés puissent entrer au Royaume-Uni sur la base d’un système de points et d’un visa temporaire de deux ans pour les secteurs économiques où la demande est forte.

Un examen des propositions a été commandé par le précédent gouvernement et doit être publié durant la semaine.

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