La Chambre des communes vote un nouveau report du Brexit

Les députés britanniques ont voté pour un deuxième report du Brexit [Handout photo/EPA/EFE]

Incapables de trouver un accord, les députés britanniques ont voté pour un deuxième report du Brexit. Gouvernement et opposition tentent de nouvelles négociations pour éviter une sortie de l’UE sans accord le 12 avril.

Face à l’impasse, Theresa May a changé de stratégie et a invité le chef de file travailliste, Jeremy Corbyn, à trouver un compromis qui éviterait le scénario chaotique d’une sortie sans accord. Les négociateurs se sont retrouvés les 3 et 4 avril pour des journées intenses de discussions urgentes.

Alors que la date prévue du Brexit approche, le parlement britannique, qui a refusé à trois reprises l’accord de retrait négocié par Theresa May, n’est parvenu à formuler aucun accord. Du côté de Bruxelles, la patience vient à manquer. La Première ministre avait déclaré plus tôt dans la semaine qu’elle demanderait un « léger » report du Brexit lors du sommet de crise prévu à Bruxelles le 10 avril.

Un vote serré

Dans le but d’éviter une sortie sans accord, les députés ont participé à un vote précipité pour demander le report du Brexit après le 12 avril. Les résultats se sont joués à une seule voix (313 votes favorables et 312 contre) à la Chambre des communes, et la proposition passera maintenant à la Chambre des Lords qui l’approuveront au grand dam du gouvernement.

« Nous sommes déçus que les députés aient choisi d’approuver cette proposition », a déclaré un porte-parole du gouvernement.  « La Première ministre a déjà mis en place un processus clair pour que nous puissions quitter l’UE et nous essayons déjà d’obtenir un nouveau report ». « Si cette proposition est approuvée, elle entraverait la capacité du gouvernement à négocier un nouveau report et à l’inscrire dans les lois britanniques avant le 12 avril », a-t-il poursuivi.

Des discussions « constructives »

La Première ministre a qualifié ses premières discussions avec le chef de l’opposition de « constructives », laissant entendre qu’elle serait prête à revenir sur certains de ses principes et à envisager les propositions visant à maintenir des relations commerciales plus étroites avec l’UE, contrairement à ce que souhaitent la plupart des conservateurs. Selon un porte-parole de Downing Street, les deux parties aux négociations auraient fait preuve de « flexibilité et de bonne volonté pour mettre fin aux incertitudes sur le Brexit ». « Nous nous sommes mis d’accord sur un programme de travail pour assurer l’emploi et la sécurité de la population britannique », a-t-il ajouté.

Du côté de l’opposition, Jeremy Corbyn a quant à lui déclaré : « Il n’y a pas eu autant de changements que je l’aurais espéré mais nous aurons d’autres discussions… Pour explorer les aspects techniques. » Le chef de file travailliste a demandé à Theresa May à ce que le pays forme une union douanière avec l’UE, à pouvoir accéder au marché unique et à envisager « l’option d’un vote public pour éviter une sortie sans accord ou avec un mauvais accord ». Si les négociations entre gouvernement et opposition ne parviennent à aucun compromis, Theresa May espèce que les deux parties pourront tout de même soumettre de nouvelles pistes au parlement.

Billet ouvert pour le départ

Le Royaume-Uni pourrait demander un report plus long qui lui donnerait la possibilité de quitter l’UE dès l’approbation d’un accord de divorce par le parlement, a indiqué le ministre des Finances, Philip Hammond après les négociations du 3 avril. Du côté de la Commission, Jean-Claude Juncker a déclaré que Londres n’aurait droit à aucun autre court report si le parlement ne ratifiait pas d’accord avant le 12 avril, date de départ convenue par les dirigeants de l’UE pour que le pays ne doive pas participer aux élections européennes.

Philip Hammond considère la signature d’un accord avant le 10 avril comme avantageuse mais peu probable et pas indispensable. Celui-ci a insisté sur l’importance d’avoir un projet clair après le report. « Le plus important est désormais que quel que soit le report que l’UE nous octroie, nous ayons la certitude de ce qui suivra et que nous parvenions à en finir avec ces reports », a expliqué le ministre à la presse.

L’idée d’un report plus long ne le séduit pas, mais la situation « est ce qu’elle est » à la suite de l’échec de l’approbation de l’accord de Theresa May. Le ministre a également exprimé son espoir que les négociations avec le parti travailliste permettent de déterminer rapidement si un accord bipartite est envisageable. « Il est certain que nous devrons trouver un arrangement sur la question douanière », a-t-il concédé.

Pour le ministre des Finances, si les négociations avec l’opposition mènent à une impasse, xle gouvernement devrait toutefois soumettre de nouvelles idées issues de ces discussions et les présenter au parlement. Si un accord était conclu à la veille des élections de mai, le pays ne devrait pas y participer, a-t-il ajouté.

Selon le journal The Sun, Theresa May cherchera à obtenir un report de 9 mois et près de 15 ministres du gouvernement de Theresa May, dont 5 ministres du cabinet, sont sur le point de démissionner en raison de ses négociations avec l’opposition. « De nombreux collègues du gouvernement sont à bout », a déclaré l’un des ministres au journal britannique.

 

Merkel à Dublin

Le changement de stratégie de Theresa May a été accueilli avec prudence par les dirigeants européens qui voudraient que le divorce soit signé avant les élections européennes du 23 mai.

Selon le ministre britannique des Finances, il serait « prévisible » que Bruxelles propose un report plus long que celui que le pays prévoit lors du sommet du 10 avril, mais Londres fera tout pour écourter le report en concluant un accord le plus rapidement possible. « Cela serait dans l’intérêt de tout le monde », a-t-il ajouté.

La chancelière allemande, Angela Merkel, s’est rendue à Dublin le 4 avril pour des discussions sur le Brexit avec le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar. Celle-ci a promis qu’il se battrait « jusqu’au dernier moment » pour éviter une sortie sans accord, qui toucherait particulièrement le seul voisin terrestre du Royaume-Uni.

Moscovici : « Nous ne pourrions pas être plus prêts pour un Brexit sans accord »

Alors que le Brexit se trouve toujours dans l’impasse, l’UE a accéléré ses préparatifs pour un Brexit sans accord, notamment dans le secteur des douanes puisque les contrôles aux frontières seront obligatoires du jour au lendemain en cas de « no deal ».

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