David Cameron veut limiter le nombre d’immigrants en UE

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En pleine renégociation du statut du Royaume-Uni au sein de l'UE, le premier ministre britannique a mené une nouvelle attaque contre la politique migratoire européenne et les droits des travailleurs européens. 

Le premier ministre britannique David Cameron a mené une nouvelle attaque contre la politique d'immigration en Europe. Selon lui, le Royaume-Uni devrait durcir les conditions de demande d'aides sociales par les migrants et diminuer le nombre de permis de travail.

Au cours d'une une émission de télévision présentée par Andrew Marr sur la BBC le 5 janvier, le premier ministre a expliqué que toutes les options visant à plafonner le nombre d'immigrés provenant des États membres de l'Union étaient sur la table des négociations.

L'émission-débat a été diffusée quelques jours après l'ouverture totale du marché du travail européen à la Roumanie et la Bulgarie. Une étape qui permet aux travailleurs de ces deux États membres de circuler sur le marché du travail de l’UE, ravivant les craintes des Britanniques de faire face à des flux migratoires massifs. 

Cependant, aucune vague migratoire de grande envergure n'a été constatée. Selon les spécialistes, les conséquences de la levée des restrictions seront limitées (voir « Contexte »).

En décembre dernier, le Parti conservateur a adopté en urgence des lois qui limitent l'accès aux allocations pour les Roumains et les Bulgares. Le train de mesures, qui coïncide avec la levée des restrictions d’accès au marché du travail, empêcherait les citoyens européens de réclamer des aides tant qu’ils n’ont pas séjourné trois mois sur le territoire du pays.

Les propos de David Cameron surviennent après un différend le mois dernier avec les libéraux-démocrates. Ces derniers avaient dénoncé les projets du ministère de l'Intérieur visant à limiter le nombre annuel de migrants européens à 75 000.

David Cameron a assuré qu'il avait progressé dans la renégociation des conditions d'adhésion britannique à l'UE. Il souhaite qu'elles aboutissent avant le référendum sur la question du maintien du pays au sein de l'UE d’ici la fin 2017. Mais le premier ministre fait du débat sur l'immigration un enjeu central du maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE. 

« Nous devons revoir [les conditions] de réclamation de prestations sociales, nous devons changer les conditions de liberté de circulation des travailleurs. J'ai dit que nous voulions tenir à l'écart le Royaume-Uni du projet d'une Union européenne toujours plus intégrée. Nous ne voulons pas d'une Union toujours plus intégrée, nous voulons avoir des échanges commerciaux et mener des projets de coopération, mais pas une union toujours plus intégrée, » selon une citation de David Cameron dans the Guardian.

David Cameron souhaite par exemple mettre fin aux prestations sociales pour les enfants réclamées par les migrants pour leurs enfants restés à l'étranger.  « Je ne pense pas que ce soit juste et c'est un point que je veux changer », a-t-il déclaré.

L’année dernière, la France et l’Allemagne avaient accusé le gouvernement britannique de vouloir une adhésion « à la carte » qui lui permettrait de choisir les compétences qui l’arrangent. Le Parti travailliste dans l'opposition a indiqué que la Grande-Bretagne risquait de se diriger sans s'en rendre compte vers une sortie de l'UE.

>> Lire : David Cameron en tournée pour défendre sa réforme de l’UE

Quand on lui a demandé s'il ferait campagne pour la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE dans le cas où il n'obtiendrait pas ce qu'il veut, David Cameron a répondu que ses objectifs étaient réalisables.

Le premier ministre britannique a également certifié que son pays ferait en sorte que des restrictions plus sévères seront mises en œuvre dans les élargissements futurs de l'Union. Ce qui laisse penser qu'il poserait son veto à toute nouvelle adhésion dans le cas contraire.

« [Ce projet] est tout à fait réalisable, car, chaque fois qu'un nouveau pays intègre l'Union européenne, il faut l'unanimité à la table du Conseil européen sur le contenu des dispositions. Ainsi, la Grande-Bretagne sera en mesure de plaider en faveur d’un régime plus strict et plus dur dans le cas de futures adhésions. »

Pour l'heure, seul le pays du Monténégro mène des négociations d'adhésion. De son côté, la Serbie commencera le processus le 21 janvier prochain. 

Après l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l'UE le 1er janvier 2007, la plupart des États membres ont levé les restrictions d'accès à leurs marchés du travail qui pesaient sur les travailleurs provenant de ces pays. Les flux de travailleurs des deux nouveaux venus dans l’UE n’inquiétaient pas Chypre, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, et la Suède.

Des restrictions demeuraient cependant en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en France, en Grande-Bretagne, en Irlande, au Luxembourg, à Malte, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Ces pays requéraient généralement des citoyens bulgares et roumains qu'ils disposent d'un permis de travail.

En vertu des traités d'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, ces restrictions doivent être levées sur l’ensemble du territoire de l'Union le 1er janvier 2014.

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