Désavouée sur le Brexit, May s’arme d’un bras droit pro-européen

Le numéro deux du gouvernement de Theresa May, Damian Green, arrive au 10 Downing Street à Londres. [@EPA/ANDY RAIN]

En mauvaise posture depuis les élections, la Première ministre britannique, Theresa May, a nommé le pro-Européen Damian Green numéro deux du gouvernement. Un article d’Euroefe.

Depuis la perte de majorité absolue lors des élections du jeudi 8 juin, plusieurs hauts responsables estiment qu’un changement de direction est nécessaire dans la manière de gouverner de la Première ministre, qui peine à conserver le soutien du parti conservateur.

Theresa May perd sa majorité absolue avant la négociation du Brexit

La Première ministre conservatrice était pressée de démissionner vendredi, après la perte par son parti conservateur de la majorité absolue au Parlement britannique, un résultat qui plonge le pays dans l’incertitude avant l’ouverture des négociations du Brexit.

Alors qu’elle repensait son équipe, Theresa May a continué à négocier avec les unionistes d’Irlande du Nord (DUP) un accord pour gouverner en minorité avec le soutien clé des protestants aux élections parlementaires.

Avant la première réunion du gouvernement depuis les élections, Theresa May a nommé Damian Green premier secrétaire d’État. Le pro-Européen sera donc au-dessus des autres ministres, dont les noms n’ont pas provoqué de grandes surprises puisque les plus importants avaient déjà été confirmés vendredi.

Vieil allié pro-européen

Damian Green, vieil allié politique de la Première ministre britannique, Theresa May, et l’un des membres les plus pro-européens de son gouvernement, assumera la fonction de « numéro deux » de l’exécutif à un moment où la chef du gouvernement lutte pour retrouver son autorité parmi les siens.

Damian Green, 61 ans, se trouve dans l’entourage de Theresa May depuis l’époque où tous deux étudiaient à l’université d’Oxford et sera désormais son bras droit pour un poste qui correspond en pratique à la fonction de vice-premier ministre. Theresa May fait donc appel à un homme de confiance pour un poste qui était jusqu’à présent vacant et que de nombreux premiers ministres britanniques refusent d’utiliser.

Antidote au Brexit dur

Certains analystes considèrent que Damian Green, qui a défendu avec ardeur l’appartenance à l’UE avant le référendum, pourra adoucir la position de Theresa May face au Brexit.

Suite à la nomination de Damian Green, Will Straw, directeur du groupe de pression pro-européen Britain Stronger in Europe a déclaré sur les réseaux sociaux que le numéro deux « avait été très actif dans la campagne pour rester dans l’UE » et a affirmé que cela renforçait « l’espoir d’un Brexit plus doux ».

L’eurosceptique Nigel Farage, ancien leader du Parti pour l’indépendance britannique (UKIP), estime que cette nomination, ainsi que celle de Gavin Barwill en tant que nouveau chef du personnel du gouvernement, permettent à ceux qui ont défendu l’UE d’avoir « une solide majorité lors des réunions du cabinet ».

Législatives britanniques: un vrai brouillard électoral

Les Britanniques élisent, ce jeudi, leurs députés. En provoquant des législatives anticipées, la conservatrice Theresa May voulait renforcer sa main avant de négocier le Brexit. Elle pourrait aboutir au résultat inverse. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Pour le reste, peu de changements

Philip Hammond continue à l’Économie, Boris Johnson aux Affaires étrangères, Amber Rudd à l’Intérieur, Michael Fallon à la Défense, Liam Fox au Commerce international et David Davis reste ministre du Brexit.

Les critiques envers la Première ministre sont restées modérées dans son cercle proche, mais ont redoublé de force dans d’autres factions du parti conservateur.

L’ancien ministre de l’Économie, George Osborne, dépossédé de ses fonctions suite à l’arrivée de Theresa May au pouvoir, et qui est désormais directeur du journal du soir Evening Standard, a déclaré que la Première ministre était un « cadavre ambulant ».

D’autres critiques ont été plus modérées comme celles du ministre de la Défense, Michael Fallon, qui estime que Theresa May doit modifier sa relation avec le reste de l’équipe si elle veut garder la direction du parti.

« J’attends une prise de décisions plus collective au cabinet. Moi et d’autres collègues l’avons clairement demandé », a-t-il déclaré.

Philip Hammond, autre poids lourd du gouvernement, s’est entretenu au téléphone avec la Première ministre pour lui indiquer qu’il la soutiendrait seulement si le gouvernement modérait sa position sur le Brexit, selon les révélations du Times.

Malgré les appels à la démission depuis les élections, la dirigeante conservatrice a récupéré le soutien explicite de figures importantes, comme Boris Johnson, qualifié par un tabloïd anglais de dirigeant d’un groupe dissident prêt à renverser Theresa May.

Le ministre des Affaires étrangères a démenti cette information et a demandé à tous les députés conservateurs de rester aux côtés de la Première ministre au moment où le Royaume-Uni est sur le point de commencer les négociations pour sortir de l’UE.

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