Du chocolat au don du sang, sept effets insoupçonnés du Brexit

Pas d'Europe, pas de chocolat? [Shutterstock]

Le Royaume-Uni doit quitter l’Union européenne dans moins de deux mois. Faute d’accord, ça sera compliqué. En voici sept effets très concrets compilés par notre partenaire, Ouest-France.

  1. Champagne !

« Nous sommes prêts pour le pire des scénarios en cas de problème de livraisons. » Les Britanniques ne devraient pas manquer de champagne (Moët & Chandon) et cognac Hennessy même en cas de Brexit dur. Le géant français du luxe LVMH vient d’annoncer, selon Bloomberg, qu’il augmentait de quatre mois de stocks de bulles et spiritueux. Le Royaume-Uni représente 4 % du chiffre d’affaires du groupe. Les viticulteurs de la Rioja (Espagne), principaux fournisseurs de vin en Grande-Bretagne, ont eux aussi gonflé leurs stocks.

Un Brexit sans accord serait un désastre pour l’industrie agroalimentaire

Un Brexit sans accord serait « catastrophique » pour l’industrie agroalimentaire et « doit être évité à tous prix », assurent les députés britanniques de la commission parlementaire de l’énergie, l’industrie et la stratégie.

 

  1. Le Toblerone perd des dents

Des dents plus écartées sur les Toblerone, des Twix qui ont perdu 13,8 % de leur poids, des Snickers dont la taille fond… L’Office britannique des statistiques (l’équivalent de notre Insee) a relevé plus de 200 produits dont la taille a diminué (mais pas le prix) depuis 2015.

Le mouvement – vieille technique sournoise – n’est pas nouveau, mais il s’est accentué depuis le vote du Brexit, qui renchérit le prix des matières premières importées. Excuse bidon ou pas ? C’est en tout cas celle qui revient le plus souvent chez les industriels.

  1. Davantage de bouchons, moins de sang

Douvres et Folkestone, points de passage vers la France, s’attendent à des bouchons monstres à cause des tracasseries douanières. Conséquence : deux semaines avant le Brexit et six semaines après, les collectes de sang seront suspendues.

« Le trafic important pourrait empêcher les donateurs de venir ou de repartir », justifie l’organisme collecteur. Tout en assurant que les hôpitaux ont fait des stocks pour éviter la pénurie.

  1. Un géant de l’automobile se met à la politique

Fait rarissime, le groupe Volkswagen (480 000 salariés en Europe) fait une incursion sur le terrain politique. Lundi, son DRH, Gunnar Killian, a appelé ses employés à voter lors des élections européennes de mai, afin de battre les eurosceptiques.

Il n’a pas directement fait mention au Brexit, mais le message était limpide : « L’Europe unie est notre avenir », a-t-il affirmé, soulignant que « Volkswagen est une entreprise européenne dans l’âme »

  1. Les restaurants de la rue de la Boétie (à Paris) ont le sourire

Il y a un nouveau locataire au 51, rue de la Boétie, un vaste immeuble de bureaux situé dans le VIIIe arrondissement de Paris. Il s’appelle Bank of America. Environ 400 salariés de la deuxième plus grande banque américaine vont rejoindre Paris et Francfort à partir du mois de février.

C’est la capitale française qui héritera de la majorité de ces emplois, selon l’Agence France Presse. Il s’agit de traders, des commerciaux et des personnels administratifs. Des salariés d’autres agences (New York notamment) devraient se joindre à eux.

La place de Paris bénéficie du Brexit

Les géants de la finance accélèrent les préparatifs, et la place parisienne a déjà remporté l’adhésion de plusieurs grandes banques. De quoi se placer comme la première place de trading européenne post-Brexit, selon le Financial Times, relayé par notre partenaire, La Tribune.

  1. Les frigos au bord de l’indigestion

90 % des laitues, 80 % des tomates et 70 % des fruits rouges consommés en Grande-Bretagne proviennent de l’Union européenne. Que se passera-t-il après le Brexit ? C’est compliqué. « Il y a un risque important de baisse du choix et de la fraîcheur des produits », s’alarment les géants de l’agroalimentaire (Walmart, Marks & Spencer, McDonald’s, KFC, Prêt à Manger), dans une lettre adressée aux parlementaires britanniques.

Les légumes ne sont évidemment pas les seuls concernés : toutes les denrées alimentaires importées le sont. En attendant, les industriels font des stocks. Mais quasiment tous les entrepôts frigorifiques et réfrigérés sont pleins.

  1. Une pénurie de médicaments ?

Préoccupant : 108 médicaments commercialisés en Europe sont fabriqués exclusivement en Grande-Bretagne, selon le Centre de réflexion de l’industrie pharmaceutique.

Chaque mois, 45 millions de boîtes de médicaments quittent le Royaume-Uni vers l’Union européenne. Leur disponibilité pourrait poser problème, selon l’Agence européenne du médicament. L’inverse (l’import de médicament en Grande-Bretagne) est également problématique.

Londres prépare des stocks de médicaments en cas de Brexit sans accord

Face à une possible sortie « dure », sans accord avec ses partenaires européens, de l’UE, le gouvernement britannique se prépare à une pénurie de médicaments. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

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