Le projet de Brexit de Theresa May sous haute tension

La stratégie du gouvernement de Theresa May pour le Brexit est à nouveau menacée et la Premier ministre devra faire face à une motion de censure cette semaine alors que Donald Trump lui conseille de poursuivre l’UE en justice.

Dimanche 15 juillet, Theresa May s’est exprimée devant la presse après une visite explosive du Président américain Donald Trump lors de laquelle il a ouvertement rabaissé la position de négociation de Theresa May et chanté les louages de l’ancien secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Boris Johnson, qu’il aimerait voir devenir Premier ministre.

Les démissions en chaîne fragilisent le gouvernement britannique

Ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson a quitté son poste le 9 juillet. Cette démission, qui suit celle du ministre du Brexit David Davis, fragilise d’autant plus le gouvernement de Theresa May, moins de neuf mois avant l’échéance du Brexit.

 

Dans une interview avec la BBC, Theresa May a déclaré que Donald Trump l’avait exhorté à « poursuivre l’UE en justice, pas négocier avec eux, mais les poursuivre ».

Theresa May a aussi défendu son Livre blanc sur le Brexit publié la semaine dernière qui suggère que le Royaume-Uni est prêt à approuver des règles communes sur les biens et les aliments après le divorce, appelant ainsi à un marché unique des biens.

Cette semaine, la dernière avant la pause estivale, le Parlement britannique se prononcera sur une série d’amendements au projet de loi du gouvernement sur la fiscalité (commerce transfrontalier), l’un des projets de loi qui ajustent le cadre juridique du Royaume-Uni pour son avenir post-Brexit. Le European Research Group (groupe de recherche européen), un caucus eurosceptique du parti de Theresa May soutenant un « Brexit dur », a l’intention de soutenir un amendement qui rendrait illégal pour les autorités fiscales britanniques de percevoir des droits pour l’UE sans accords de réciprocité.

Le gouvernement français déroule le tapis rouge à la finance post-Brexit

Le Premier ministre a dévoilé de nouvelles mesures pour séduire les milieux financiers qui s’interrogent sur leurs plans après la sortie du Royaume-Uni de l’UE, lors d’un dîner organisé au Quai d’Orsay avec le gratin du secteur. Un article de notre partenaire, la Tribune.

La Première ministre devra se défendre contre ces amendements et contre une éventuelle tentative des députés travaillistes et conservateurs opposés au Brexit de rajouter des amendements pour que le Royaume-Uni reste dans l’union douanière.

Selon les rapports de fin de semaine, 40 des 48 députés nécessaires avaient déposé des lettres de défiance auprès du président de la commission 1922 du parti conservateur.

Theresa May continue d’insister sur le fait qu’elle se battra contre toute mesure de « défiance », ce qui exigerait qu’elle conserve le soutien d’au moins la moitié des 316 députés du parti conservateur. Si elle obtient gain de cause, un autre vote de défiance ne pourra pas être tenu dans les 12 prochains mois. Les députés conservateurs ont jusqu’à mercredi pour déclencher un vote de défiance cet été.

Pendant ce temps, Michel Barnier, négociateur en chef de la Commission européenne, tiendra vendredi à Bruxelles les premières discussions formelles sur le Livre blanc du Royaume-Uni avec les ministres européens.

Le Livre blanc, qui appelle à une relation post-Brexit avec l’UE qui serait similaire à l’accord d’association de l’UE avec l’Ukraine, a été accueilli avec prudence par Michel Barnier et le groupe de pilotage sur le Brexit du Parlement européen présidé par Guy Verhofstadt.

 

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