En cas de « no deal », la reprise au Royaume-Uni pourrait perdre la moitié de sa vigueur

En cas de « no deal », les contrôles aux frontières pourraient engendrer d’importants retards dans les ports. [EPA-EFE/ANDY RAIN]

Selon le cabinet d’audit KPMG, le PIB du Royaume-Uni ne croîtrait que de 4,4 % en 2021 en cas de sortie de l’Union sans accord. Sans le Brexit, la croissance aurait dû atteindre 10,1 % d’après les prévisions. Un article d’Euractiv Italie.

La dernière semaine de négociations sur le Brexit touche à sa fin. Vendredi 20 novembre, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, fera son rapport aux dirigeants des 27 États membres et leur dira si les progrès espérés au cours des dernières semaines se sont concrétisés.

Si ce n’est pas le cas, les deux parties devront se préparer aux conséquences du retour des tarifs et des contrôles douaniers. C’est cependant le Royaume-Uni qui paiera le prix le plus élevé, comme le confirment les prévisions du cabinet d’audit financier et de conseil KPMG.

Selon ces dernières, le PIB du Royaume-Uni ne croîtrait que de 4,4 % en 2021 si aucun accord n’était conclu, alors qu’il aurait augmenté de 10,1 % si Londres et Bruxelles avaient maintenu leurs relations actuelles. KPMG prédit en outre un effondrement de 11,2 % de l’économie britannique cette année, en raison des restrictions liées à la pandémie, auxquelles s’ajoutent les effets du Brexit.

Le « chaos » au 10, Downing Street pourrait saper un accord UE-Royaume-Uni

« Le chaos » au sein du gouvernement du Premier ministre britannique pourrait poser un nouvel obstacle à la conclusion d’un accord post-Brexit entre Bruxelles et Londres, a averti Manfred Weber, leader du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen.

Les entreprises n’étant pas encore prêtes pour le retour des douanes et une reprise des activités commerciales régie par les dispositions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’économie britannique ne devrait pas retrouver avant 2024 le niveau de croissance qu’elle affichait avant la pandémie, soit deux ans plus tard que si le Royaume-Uni n’avait pas décidé de quitter l’UE.

Les entreprises d’Irlande du Nord demandent plus de temps

Les entreprises d’Irlande du Nord ne sont pas prêtes non plus pour le retour des contrôles aux frontières. Elles ont donc demandé une prolongation de la période de transition dans la région. Si le protocole était appliqué à la lettre, déplorent-elles, un simple sandwich au jambon et au fromage produit en Grande-Bretagne et vendu à Belfast aurait besoin de deux certificats sanitaires pour passer les contrôles.

« Ces problèmes auraient dû être résolus par le comité mixte bilatéral présidé par Michael Gove et Maroš Šefčovič, mais les commerçants d’Irlande du Nord n’ont eu aucune discussion avec qui que ce soit », a déclaré Stephen Kelly, le PDG de Manufacturing NI, au journal britannique The Guardian. Une préoccupation partagée par le consortium des détaillants d’Irlande du Nord, qui souligne que les opérateurs du secteur ont été contraints de s’adapter en six semaines à des « changements structurels qui prendraient normalement deux ans ».

Brexit. Chaque jour compte, selon Michel Barnier

« Chaque jour compte », a déclaré Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, tandis que les discussions en face à face reprennent avec son homologue britannique, David Frost.

Que va-t-il se passer ?

Si aucun accord n’est conclu avant le 31 décembre, le Royaume-Uni quittera le marché unique et l’union douanière et fera du commerce avec l’UE en suivant les règles de l’OMC. Cela impliquera la mise en place de contrôles aux frontières et de nouveaux droits de douane sur les biens échangés, ce qui fera grimper les coûts pour les consommateurs. Les contrôles aux frontières pourraient également engendrer d’importants retards dans les ports.

À l’inverse, si le but est de parvenir à un accord dans les délais impartis, il est indispensable de clore au plus vite les dossiers restés en suspens – la pêche, les aides d’État et les modalités de règlement des futurs différends. L’accord devra être transformé en un texte juridique, traduit puis ratifié par les parlements des deux parties. Tout cela d’ici au 31 décembre.

Accord ou pas, ce qui est certain, c’est que les relations entre l’UE et le Royaume-Uni seront très différentes à partir du 1er janvier. La libre circulation prendra fin, ce qui aura des conséquences sur la vie des citoyens italiens et européens qui travaillent et vivent en Grande-Bretagne et vice versa. Les entreprises devront en outre faire face à une bureaucratie beaucoup plus lourde pour pouvoir continuer à opérer des deux côtés de la Manche.

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