Enorme succès d’une action sur Twitter contre les subventions aux carburants fossiles

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EDITION SPECIALE / Le soutien de personnes haut placées pour la campagne #endfossilfuelsubsidies lui a permis de devenir le principal sujet de conversation sur Twitter aux Etats-Unis et le second à l'échelle mondiale.

Des militants contre le changement climatique et la pauvreté ont lancé une action de 24 heures sur Twitter, en signe de protestation contre les centaines de milliards de dollars de subventions d'État versés chaque année à l'industrie du pétrole et du charbon, alors que le monde est en proie à une crise économique et les émissions de carbones augmentent.

Cette action, soutenue par des célébrités comme Stephen Fry, Robert Redford et l'acteur Mark Ruffalo, des hommes politiques et des défenseurs de l'environnement, a propulsé le sujet « #endfossilfuelsubsidies » au deuxième rang des sujets les plus populaires au monde sur Twitter, et à la première place aux États-Unis.

« Nous approchons le tweet par seconde, mais les chiffres décollent lorsqu'une célébrité le reprend », a déclaré Jamie Henn de www.350.org, l'un des groupes qui mènent la campagne.

Cette manifestation en ligne a eu lieu alors que les négociateurs de la conférence Rio+20 sur le développement durable restaient divisés sur la proposition de supprimer progressivement les fonds publics aux carburants qui émettent du dioxyde de carbone.

L’Arabie saoudite et le Venezuela, deux grands producteurs de pétrole, sont accusés de freiner les négociations sur cette question inscrite au programme du Sommet de la Terre à Rio et du G20 au Mexique.

Les militants ont recueilli plus de 750 000 signatures via Avaaz.org, les Amis de la Terre et 350.org, dans le but de mettre un terme aux subventions accordées aux carburants fossiles. Cette pétition a été remise au gouvernement britannique ce matin. D'autres pétitions seront présentées dans d'autres pays.

Des « tweets » ont déjà été projetés sur l'Opéra de Sydney et le seront ensuite à Londres, New York, New Delhi et Rio. Ces initiatives font suite à une manifestation qui a eu lieu à Rio hier, lors de laquelle des manifestants ont déroulé une facture géante de 1000 milliards de dollars sur la plage de Copacabana en signe de protestation contre les subventions aux carburants fossiles, dont les coûts avoisinent effectivement ce montant.

« Ce monde a quelques problèmes qui pourraient être réglés avec de telles sommes. Nous aurions moins de problèmes si nous arrêtions de financer un secteur qui démolit le climat », a déclaré le fondateur de 350.org, Bill McKibben. « C'est le fait le plus évident au monde. »

Les chiffres de l'Agence internationale de l'énergie révèlent que les subventions des gouvernements aux carburants fossiles sont 12 fois plus élevées que celles accordées aux énergies renouvelables. Jake Schmidt, du Natural Resources Defense Council, écrit sur son blog : « Au vu de l'austérité budgétaire et de la nécessité de pallier le problème du réchauffement climatique, subventionner des activités qui contribuent au réchauffement n'a vraiment aucun sens. Les seules bénéficiaires de ces subventions aux carburants fossiles sont les entreprises de gaz, de pétrole et de charbon, qui encaissent des profits faramineux à nos dépens à tous. »

Le G20 a promis il y a trois ans l'élimination progressive des subventions inefficaces accordées aux carburants fossiles, mais un nouveau rapport de l'organisation Oil Change International (« Phasing out Fossil  fuel Subsidies in the G20: a Progress Update ») suggère que rien n'a encore été fait, la définition d'« inefficace » ayant été jugée trop floue.

Gro Harlem Brundtland, l'une des architectes de la gouvernance durable mondiale, a fait part de son espoir de voir Rio+20 produire un engagement clair pour résoudre ce problème.

« Il est scandaleux de constater que rien n'a changé. Il y a 20 ans, on savait déjà qu'il fallait supprimer ces subventions. Mais elles sont toujours là. Les supprimer signifierait changer le système fiscal, mais on ne peut pas taxer les pauvres. De toute façon, ces subventions reviennent aux riches, et non aux pauvres. Si nous pouvions changer ce système pour que les pauvres bénéficient des mêmes opportunités sans polluer l'environnement, alors nous pourrions remettre le développement sur la bonne voie », a-t-elle expliqué.

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