Perdre l’accès à Erasmus serait lourd de conséquences pour le Royaume-Uni

Hywel Ceri Jones [Wales in Europe]

Si les négociations du Brexit ne parvenaient pas à garantir la participation du Royaume-Uni au programme Erasmus, les conséquences seraient « massives ». Surtout pour le Pays de Galle, estime un architecte du programme.

Le Dr. Hywel Ceri Jones, qui a été directeur à l’éducation, puis directeur général pour la politique sociale à la Commission européenne entre 1973 et 1998, estime que le Pays de Galle se retrouverait face à un « redoutable défi » si les négociations du Brexit n’aboutissaient pas à un accord sur le programme Erasmus.

Le Gallois a été l’un des moteurs permettant la création du programme, dans les années 1970 et 1980. Il craint aujourd’hui que ces efforts ne profitent plus pour longtemps à ses compatriotes. Le gouvernement a beau soutenir la participation continue du Royaume-Uni au programme Erasmus dans son livret blanc, Londres tarde à clarifier sa position.

« Les autorités galloises auront une vraie montagne de travail à abattre s’ils doivent remplacer cet incroyable éventail de partenariats européens et internationaux, qui permettent à nos jeunes de s’armer pour la réussite dans une économie mondialisée », souligne-t-il.

« Le gouvernement gallois a en principe recommandé la poursuite d’Erasmus si le Brexit a lieu, mais nous ne savons pas quelle position le gouvernement britannique adoptera. Je veux soutenir notre gouvernement gallois, mais ses efforts sont distincts de l’action du gouvernement britannique », ajoute-t-il.

La participation à Erasmus a énormément de succès en Grande-Bretagne. Le nombre de jeunes qui vont étudier à l’étranger dans ce cadre ne cesse d’augmenter depuis 2008. L’an dernier, près de 3 000 Gallois sont ainsi partis étudier ou travailler dans un autre pays grâce à Erasmus.

L’année 2017 marque le 30ème anniversaire du programme. Lors d’un discours à cette occasion à Cardiff, Hywel Ceri Jones a cependant assuré que l’ampleur du phénomène n’était « pas encore apprécié à sa juste valeur ». Il a également expliqué que sa dernière version en date, Erasmus+, était perçue à tort comme un système purement universitaire, alors qu’il impliquait également les écoles et formations professionnelles.

Les premiers étudiants Erasmus à l’étranger. [Commission européenne]

Le gouvernement britannique a promis de remplir toutes ses obligations financières liées à Erasmus+ tant que le pays sera dans l’UE. L’avenir du programme après mars 2019 ne sera cependant pas éclairci avant la prochaine phase des négociations du Brexit.

D’ici 2020, le programme aura impliqué plus de 5,5 millions d’étudiants et 9 millions de personnes au total partout dans le monde, a souligné Hywel Ceri Jones, qui espère que le programme continuera à bénéficier aux jeunes britanniques.