Erasmus. Le Royaume-Uni n’est plus la destination préférée des étudiants en échange

En raison du nouveau coronavirus, beaucoup d'étudiants ont dû renoncer à leur échange Erasmus+. [EPA-EFE/BRAIS LORENZO]

Si certains effets du Brexit sont encore difficiles à évaluer, le programme d’échange universitaire Erasmus+ en a déjà subi les conséquences.

Si beaucoup d’étudiants ont été privés d’échange Erasmus cette année en raison du nouveau coronavirus, le Royaume-Uni avait déjà vu son nombre d’étudiants étrangers diminuer avec le Brexit.

Longtemps considéré comme « the place to be », en particulier chez les jeunes Français, Allemands et Espagnols, le voisin d’outre-Manche a perdu la cote. L’Espagne est ainsi passée en tête en 2019.

 

Laure Coudret-Laut, directrice d’Erasmus+ France située à Bordeaux, a expliqué à l’AFP les raisons de ce changement : « C’est un sujet qui nous occupe depuis le début et on a travaillé pour que les établissements diversifient leurs propositions aux étudiants et se tournent vers d’autres destinations, comme l’Europe du Nord ou l’Europe de l’Est. »

Augmentation des échanges

Les étudiants ont donc préféré d’autres destinations dispensant des cours en anglais. Elle poursuit : « Les étudiants se sont reportés vers la Norvège, la Finlande et l’Irlande qui a connu une nette augmentation de son nombre d’étudiants. Il a donc fallu trouver d’autres partenaires. »

Pourtant, de manière générale, les échanges ont augmenté, notamment vers l’Italie. L’agence Erasmus+ en France le précise dans un communiqué : « Avec des financements européens en croissance pour la troisième année consécutive – 247 millions, soit une augmentation de 22 % -, [nous avons] été en capacité de franchir la barre des 100 000 mobilités financées sur l’appel à projets 2019. »

C’est notamment le secteur professionnel qui s’est développé. Au total, 102 476 mobilités Erasmus+ sont financées, dont 31 % pour l’enseignement et la formation professionnels : 31 721 mobilités financées pour 23 722 apprenants tels que lycées professionnels, alternants ainsi que stagiaires, et près de 8 000 enseignants et formateurs.

Malgré cette baisse due au Brexit, les universités britanniques souhaitent maintenir leur participation au programme européen. « [Elles] ont continué à demander et à recevoir des fonds pour envoyer des étudiants dans le cadre des échanges Erasmus+ afin qu’ils étudient et travaillent », a souligné l’attachée de presse du British Council à EURACTIV.

En 2019, ces fonds Erasmus+ accordés par l’Union européenne à des organisations britanniques ont atteint près de 200 millions d’euros. Elle rappelle que « les projets pour lesquels une candidature a été retenue dans le cadre des programmes actuels continueront à recevoir un financement de l’UE pendant toute leur durée, y compris ceux dont le financement s’étend au-delà de 2020 et de la fin de la période de transition ».

Les étudiants britanniques ont ainsi pu participer pleinement au programme et pour toute la durée de leur échange. Réciproquement, l’Espagne, la France et l’Allemagne sont les destinations préférées des étudiants britanniques. Ils représentent même l’un des plus gros contingents d’étudiants étrangers en France, avec un étudiant sur sept.

 

« En tant qu’agence nationale britannique pour Erasmus+, nous pouvons dire que la demande de financement Erasmus+ pour les échanges avec l’Europe est restée forte, et depuis le référendum, nous avons augmenté d’année en année le montant des financements accordés aux mobilités européennes », indique l’attachée de presse du British Council.

L’attrait des jeunes britanniques pour les pays de l’Union européenne semble donc intact malgré le Brexit. Toutefois, en cette période de transition, il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences du retrait du Royaume-Uni sur le programme Erasmus+.

Cet article a été écrit dans le cadre du projet européen EDJNet.

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