Les envolées lyriques de Boris Johnson ne semblent pas inquiéter l’UE

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Le Royaume-Uni s’apprête à torpiller les négociations avec l’UE au sujet de l’accord commercial, le Premier ministre Boris Johnson ayant déclaré ce 16 octobre que le bloc avait « abandonné l’idée de conclure un accord de libre-échange ».

Si l’UE n’ « opère pas de changement fondamental dans son approche », les échanges entre Bruxelles et Londres seront régis selon les règles de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), a indiqué Boris Johnson, ajoutant que le pays devait se préparer à un Brexit dur.

Dans son communiqué, publié à la suite de discussions tenues jeudi (15 octobre) avec les dirigeants européens concernant les négociations post-Brexit, le Premier ministre britannique a accusé l’UE d’avoir « refusé de négocier pendant une grande partie des derniers mois ».

« Étant donné que ce sommet semble explicitement exclure un accord à la canadienne, j’ai conclu que nous devrions nous préparer pour le 1er janvier avec des arrangements ressemblant davantage à ceux australiens, basés sur les principes simples du libre-échange mondial », a-t-il maintenu.

« L’UE veut pouvoir continuer à contrôler notre liberté législative, nos pêcheries, et ce, d’une manière totalement inacceptable pour un pays indépendant », a-t-il poursuivi.

Le Royaume-Uni s’est officiellement retiré du bloc en janvier 2020 et la phase de transition post-Brexit, durant laquelle le pays reste intégré au marché unique européen, se termine à la fin de cette l’année.

Fortement touchée par la pandémie du nouveau coronavirus, l’économie britannique devrait chuter de 10 % en 2020, avant de connaître un rebond de 7,6 % en 2021. Plus tôt cette semaine, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a averti Londres qu’une sortie « désordonnée » de l’UE à la fin de la période transitoire « aurait de graves répercussions sur les activités commerciales et le marché du travail ».

Néanmoins, les dirigeants européens ne paraissaient pas étonnés des envolées lyriques de Boris Johnson, et les négociations devraient continuer la semaine prochaine.

En réponse au communiqué du Premier ministre, la cheffe de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, a indiqué que l’« UE [continuait] à œuvrer pour conclure un accord, mais pas à n’importe quel prix ».

« Notre équipe de négociateurs se rendra à Londres la semaine prochaine pour stimuler ces pourparlers », a-t-elle ajouté.

Des propos qui semblent résumer l’opinion générale des leaders européens lors du sommet, appelant le Royaume-Uni aux compromis afin de conclure un accord.

Dans leur communiqué, les 27 de l’UE ont demandé à leur négociateur en chef, Michel Barnier, de « maintenir les négociations au cours des prochaines semaines », tout en s’inquiétant que « les progrès accomplis sur les principaux points d’intérêts de l’UE n’étaient toujours pas suffisants pour ferrer un accord ».

Parallèlement, ceux-ci ont souligné qu’ils s’alignaient bien sur l’approche de M. Barnier, le président français Emmanuel Macron notant que « les pêcheurs ne sauraient être les sacrifiés du Brexit ».

Les quotas de pêche, et particulièrement l’accès des navires européens aux eaux britanniques, demeurent un point de discorde, tandis que les discussions semblent fructueuses sur l’aide publique et l’égalité des chances.

Les représentants du Royaume-Uni ont exprimé leur mécontentement face à la lenteur des progrès effectués ces dernières semaines et à la faible probabilité d’un accord commercial, qui ne serait guère plus qu’un simple pacte sans droits de douane ni quotas sur le commerce de marchandises.

Boris Johnson déplore « qu’après 45 ans d’appartenance à l’UE, celle-ci ne souhaite pas nous donner l’accord que nous demandons et qu’elle a accordé au Canada [le CETA] ».

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