Les dirigeants européens prêts pour un Brexit ordonné ou pour l’échec

Exclusif. Dans un communiqué du Conseil européen consulté par Euractiv, les États membres de l’UE regrettent que le Royaume-Uni quitte l’Union, mais se disent « prêts pour le processus qui devra désormais avancer ».

Le document indique que la première étape sera l’adoption par le Conseil européen des lignes directrices pour les négociations.

Le président de l’institution, Donald Tusk, devrait publier un projet d’orientation pour le négociateur en chef, Michel Barnier, d’ici à la fin de la semaine, lorsque la Première ministre britannique, Theresa May, aura formellement demandé le divorce avec l’UE.

« Ces orientations définiront les positions d’ensemble et les principes à la lumière desquels l’Union, représentée par la Commission européenne, négociera avec le Royaume-Uni », indique le communiqué.

Ces lignes directrices pour Michel Barnier limiteront probablement le champ des futures négociations aux termes du divorce et ne concerneront pas l’avenir des relations commerciales avec le Royaume-Uni, selon des sources.

Un Brexit avec ou sans accord avec l'UE n'aura pas les mêmes conséquences

Des négociations de divorce inabouties pourraient avoir des répercussions sérieuses pour l’UE et le Royaume-Uni, avertit le représentant de la Commission en charge du Brexit, Michel Barnier.

Les citoyens et les entreprises d’abord

Le Conseil européen souligne que le bloc agira « uni » et que sa priorité devrait être de « minimiser l’incertitude créée par la décision du Royaume-Uni pour nos citoyens, nos entreprises et nos États membres ».

« Nous commencerons donc par nous concentrer sur les mesures nécessaires au bon déroulement d’une procédure de retrait en bonne et due forme », peut-on lire.

« Nous entreprendrons ces discussions de manière constructive et ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour trouver un accord. À l’avenir, nous espérons que le Royaume-Uni sera un de nos plus proches partenaires », indique le document, ajoutant que si les négociations n’aboutissaient pas, le Conseil s’assurera que « l’Union européenne soit préparée à une telle issue, même si ce n’est pas ce qu’elle souhaite ».

Le négociateur en chef de la Commission chargé de la conduite des négociations avec le Royaume-Uni a averti des sérieuses répercussions que pourrait avoir le Brexit pour l’UE et le Royaume-Uni si aucun accord n’était trouvé entre les deux entités.

Michel Barnier a rappelé que plus de quatre millions de citoyens européens au Royaume-Uni et d’expatriés britanniques dans l’UE seraient confrontés à l’incertitude concernant leur avenir. Il a également évoqué la réapparition de longues queues de camions aux postes douaniers de Douvres si le Royaume-Uni quittait l’UE sans accord sur le Brexit.

Les dirigeants européens veulent que le Royaume-Uni accepte de payer une facture de sortie de 60 milliards d’euros avant d’entamer la négociation d’un accord commercial souhaité par Theresa May.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a convoqué un sommet européen pour le 29 avril. Michel Barnier ne devrait en revanche pas entamer de réelles discussions avec Londres avant mi-mai, ne laissant au Royaume-Uni qu’une courte période de temps pour élaborer un accord convenable avant son départ définitif en mars 2019.

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