Des compensations pour les pêcheurs après le Brexit

Les pêcheurs continentaux seront éligibles à une indemnisation si jamais le Royaume-Uni bloquait l’accès à ses eaux territoriales selon la Commission européenne.

L’exécutif européen a proposé un amendement à ses règles du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, qui fournit un soutien financier aux communautés côtières et aux pêcheurs, en leur permettant d’être indemnisés si le Royaume-Uni les empêche de pêcher dans ses eaux. Ce qui pourrait être le cas en cas de Brexit dur : si aucun accord n’est signé le 29 mars.

La Commission a également soumis une proposition pour s’assurer que l’UE pourra donner aux bateaux britanniques accès aux eaux européennes jusqu’à fin 2019, à la condition que cette mesure soit réciproque.

Ces amendements sont les dernières mesures d’un plan d’urgence de la Commission dans le cas où le Royaume-Uni quitte l’UE sans accord le 29 mars, date officielle du Brexit.

« Cette mesure aidera à compenser en partie les conséquences d’une fermeture soudaine des eaux du Royaume-Uni aux navires de pêche de l’Union en cas d’absence d’accord », explique la Commission dans un communiqué.

Pêche post-Brexit: les pêcheurs français «restent vigilants»

Londres entend récupérer le contrôle exclusif des droits de pêche à proximité de ses côtes. Une annonce qui n’est pas passée inaperçue auprès des pêcheurs français.

Le Royaume-Uni héritera d’environ 100 textes de loi liés à la Politique commune de la pêche (PCP) après le Brexit. Il prévoit de continuer à faire partie de la PCP et de ses systèmes de quota jusqu’à la fin de la période de transition post-Brexit.

Toutefois, les députés ayant rejeté l’accord de retrait établissant les conditions de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, sans accord, il n’y aura pas de dispositions transitoires.

Même si le secteur de la pêche britannique est petit, avec des prises annuelles d’une valeur de 800 millions de livres (900 millions d’euros), la politique de la pêche est l’un des éléments les plus politiquement importants des négociations sur le Brexit.

Les enjeux maritimes cristallisent les inquiétudes françaises face au Brexit

Le gouvernement veut avoir les coudées franches pour réagir efficacement au Brexit. Qu’il s’agisse de ports ou de pêche, les questions maritimes sont au cœur des préoccupations.

Les pays européens génèrent environ 585 millions d’euros de revenus des eaux britanniques, et l’accès des flottes européennes de huit pays – Belgique, Danemark, France, Allemagne, Irlande, Espagne, Suède et Pays-Bas – aux eaux britanniques est depuis longtemps une pomme de discorde pour les pêcheurs britanniques.

Environ 50 % des prises par des bateaux belges sont effectuées au Royaume-Uni, et le pourcentage moyen de ces huit pays est de 14 %.

« La répartition des possibilités de pêche dans le cadre de la politique commune de la pêche est obsolète et la part du Royaume-Uni ne reflète pas correctement les ressources des eaux britanniques », a déclaré le ministre britannique de l’Environnement, Michael Gove, en juillet dernier.

Le gouvernement britannique assure qu’il quittera la Politique commune de la pêche pour décider de manière unilatérale quel accès donner aux bateaux européens après le départ de l’UE. Dans un livre blanc du gouvernement publié en juillet, Michael Gove affirme que quitter l’UE permettra au Royaume-Uni de devenir « un État côtier indépendant pour la première fois en plus de 40 ans. »

« Nous déciderons qui peut accéder à nos eaux après 2020, et à quelles conditions. »

Le Royaume-Uni joue les durs face à l’UE sur les zones de pêche

Après le Brexit, le Royaume-Uni compte décider de manière unilatérale de l’accès qu’il concédera aux bateaux européens.

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