May arrache un accord à Bruxelles, mais doit encore convaincre sa majorité

epa070716162059 Le secrétaire d'État britannique à la sortie de l'Union européenne Dominic Raab (à droite) et le ministre de la défense Gavin Williamson (à gauche) arrivent pour une réunion du cabinet à Downing Street à Londres, en Grande-Bretagne, le 13 novembre 2018. La Première ministre britannique, Theresa May, tient une réunion du cabinet pour informer les membres du gouvernement sur les négociations Brexit avec l'Union européenne. EPA-EFE/NEIL HALL [EPA-EFE/NEIL HALL]

Deux ans après le vote et à quelque mois de la date de sortie attendue, le 29 mars 2019, les négociateurs britanniques et européens se sont mis d’accord sur un accord technique.

Le projet d’accord de sortie du Royaume-Uni de l’UE a été atteint le 13 novembre, et serait long de plus de 500 pages. Il est assorti d’une « déclaration politique » définissant les futures relations commerciales et politiques entre les deux camps de seulement cinq pages, ce qui indique que les négociations sur l’accord commercial à mettre en place n’ont pas encore vraiment commencé.

L »enjeu de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord était le sujet le plus épineux. Ce sujet pourrait d’ailleurs être à l’origine d’un rejet du texte par le Parti conservateur de Theresa May et par son allié unioniste en Irlande du Nord.

Un filet de sécurité, envisagé par les négociateurs, sera nécessaire si un accord commercial précis n’est pas défini avant la fin de la période de transition de 21 mois entre la sortie officielle de Londres du bloc européen, le 29 mars 2019, et la rupture réelle des liens entre les deux partenaires.

Au soir du 13 novembre, les fonctionnaires bruxellois et londoniens ont refusé de dire quoi que ce soit sur les détails du document, ce qui n’a pas empêché les personnalités politiques britanniques de s’y opposer en bloc.

Une fronde qui n’augure rien de bon pour Theresa May, qui pourrait avoir autant de difficultés à faire accepter l’accord par ses compatriotes et son propre parti qu’elle en a eus à la négocier à Bruxelles.

Les ministres britanniques devront se prononcer sur l’accord proposé et de le soumettre au vote de la Chambre des communes lors d’une réunion du cabinet, le 14 novembre.

Londres vise un accord de Brexit avant le 21 novembre

Le ministre britannique chargé du Brexit pense parvenir à un accord avec Bruxelles d’ici au 21 novembre dans les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, selon une lettre adressée à des parlementaires.

La Première ministre a reçu certains ministres clés dans la soirée et la nuit de mardi, afin d’obtenir leur soutien. Les ministres ont eu la possibilité de lire les deux documents, mais n’ont pas pu en emporter de copies.

Le gouvernement irlandais aurait également prévu une réunion d’urgence ce 14 novembre pour discuter de la proposition.

Le 13 au soir, le porte-parole du ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a cependant voulu dédramatiser la situation, déclarant que « les négociations entre l’UE et le Royaume-Uni sur un accord de retrait sont en cours et n’ont pas abouti […] Les négociateurs sont toujours engagés dans la discussion et un certain nombre de questions restent en suspens ».

L’attention se porte à présent sur Londres, où les ministres britanniques, dont Liam Fox, Andrea Leadsom, Michael Gove et Dominic Raab, secrétaire de Brexit, qui ont tous fait campagne pour la sortie de l’union en juin 2016, pourraient démissionner de leur poste pour marquer leur désapprobation.

Theresa May devra donc se concentrer sur les députés travaillistes des circonscriptions qui ont voté pour le Brexit, ainsi que sur les quelques élus de l’opposition qui soutiennent la sortie de l’UE, qui pourraient être persuadés de la soutenir.

Le chef de file travailliste, Jeremy Corbyn, a toutefois signalé que la position officielle de son parti serait de s’opposer à l’accord. « D’après ce que nous savons de la gestion honteuse de ces négociations, il est peu probable que ce soit une bonne affaire pour le pays », a-t-il fait remarquer.

Les Britanniques désormais défavorables au Brexit

Alors que les tensions liées au Brexit s’intensifient, un sondage indique qu’un nouveau référendum sur le Brexit verrait le camp du maintien dans l’UE l’emporter par 54 % des voix.

Le sondage a été effectué en ligne par la société Survation auprès …

Entre-temps, Boris Johnson, qui a démissionné de son poste de ministre des Affaires étrangères en juillet, a clamé que l’accord proposé ferait de son pays un « État vassal » et qu’il était « absolument inacceptable » que le Royaume-Uni soit lié par des lois sur lesquelles il n’a rien à dire.

« Depuis des mois, tout ça ressemble à la ‘Chronique d’une mort annoncée’. Nous resterons dans l’union douanière, nous resterons en grande partie dans le marché unique », regrette l’ancien ministre.

Pour sa part, le Parti unioniste démocrate (DUP), le parti pro-Brexit d’Irlande du Nord allié aux conservateurs, n’a pas encore voulu exprimer d’opinion.

Une note d’avertissement a pourtant été émise par Nigel Dodds, chef adjoint du DUP, qui a déclaré aux journalistes qu’« il semble très, très clair que le filet de sécurité tel que proposé implique des mesures spéciales qui vont bien au-delà d’une disposition douanière britannique pour l’Irlande du Nord, et nous avons clairement indiqué que cela nous était inacceptable ».

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