Nigel Farage veut un nouveau référendum

Nigel Farage, « l’un des plus grands obstacles à un Brexit réussi », selon Steve Baker. [Parlement européen]

L’apparente conversion de Nigel Farage en faveur d’un nouveau référendum sur l’UE, ressemble à une manne tombée du ciel pour les anti-Brexit. Mais la probabilité d’un tel évènement reste faible.

« Nous pourrions peut-être faire un deuxième référendum sur l’appartenance à l’UE, et régler ainsi la question une fois pour toutes » a indiqué Nigel Farage le 11 janvier lors d’un entretien. Selon lui, le camp pro-Brexit l’emporterait cette fois bien plus nettement sur les pro-UE.

« Allons-y », ont réagi les responsables de Best for Britain, la campagne pro-UE au Royaume-Uni, après la proposition de Nigel Farage d’organiser un second référendum.

« C’est peut-être la première fois de sa vie, mais Nigel Farage tient un bon argument. Dans une démocratie comme la nôtre, le peuple britannique a tout à fait le droit de revoir son avis sur le Brexit », a pour sa part estimé Chuka Umunna, député travailliste.

May réaffirme qu’il n’y aura pas de deuxième référendum

L’eurodéputé britannique Nigel Farage, fervent défenseur du Brexit, a proposé d’organiser un second référendum sur la sortie de l’UE afin de faire taire définitivement ses opposants.

Référendum forcé

La bravade de l’ancien dirigeant de UKIP a sans doute pris de court ses partisans pro-Brexit. L’excitation générée par la potentielle volte-face de Nigel Farage n’a cependant pas duré. « Pour être clair, je ne veux pas de deuxième référendum », a-t-il précisé dans un article pour le Daily Mail. « Mais je crains que le pays y soit forcé par le parlement. »

Un deuxième référendum n’est en effet pas totalement impossible. Le ministre au Brexit, David Davis, a récemment été bien obligé d’accepter que les députés aient leur mot à dire sur l’accord de sortie qui sera conclu avec Bruxelles. Une concession qui entrouvre la porte à un nouveau vote à l’échelle nationale.

D’ailleurs, la faction favorable au « Brexit dur », qui estime que le Royaume-Uni devrait à l’avenir commercer avec l’UE selon les conditions de l’OMC si l’UE ne lui offre pas un accès généreux à son marché unique, reste sur le qui-vive.

Les chances d’une marche arrière sur le Brexit sont pour le moins très faibles, a pour sa part estimé un groupe de quatre Brexiteers imminents, mené par l’ancien ministre du Commerce Digby Jones et composé de l’eurodéputé Steven Woolfe, le travailliste John Mill et John Longworth, qui gère la campagne « Leave means leave » [partir pour de bon].

Il n’est également pas secret que les partisans de cette solution estiment que le gouvernement May a très mal géré la première phase des négociations avec l’équipe des négociateurs européens, menée par Michel Barnier. Ils craignent que la fragilité du gouvernement ne mène à une période de transition prolongée après la sortie officielle du pays de l’UE, en mars 2019, ce qui équivaudrait à rester de facto dans le marché unique.

« Le peuple britannique n’acceptera pas un accord qui les contraint à continuer d’accepter les inconvénients de l’UE sans profiter de ses avantages », a assuré Digby Jones à un groupe de journalistes au Parlement européen, le 10 janvier.

Theresa May perd un vote crucial au parlement britannique

Victime de la rébellion d’une partie de son propre camp, la Première ministre britannique a perdu, à quatre voix près, un vote crucial sur le Brexit au Parlement, exposant sa faiblesse à la veille d’un sommet européen

Les idées de ces quatre Brexiteers en force sont cependant proches de celles de Nigel Farage : « Ce qui est certain, c’est que les Clegg, Blair et Adonis [militants pro-UE] de ce pays n’abandonneront jamais, jamais. Ils continueront à geindre et à se plaindre tout au long de ce processus », avait affirmé Nigel Farage le 11 janvier.

Digby Jones, Steven Woolfe et John Longworth appellent ces mêmes pro-UE la « cabale ABC » (Adonis, Blair, Clegg), et leur font à peu près les mêmes critiques que l’ancien dirigeant de UKIP.

Le gouvernement décidément contre

En outre, Theresa May est absolument opposée à un nouveau référendum – elle ne partage sans doute pas la conviction de Nigel Farage, qui assure que le camp pro-Brexit l’emporterait encore plus largement.

Steve Baker, secrétaire d’État au Brexit, a réagi à l’interview de Nigel Farage en assurant que celui-ci « confirmait [s]on point de vue selon lequel l’eurodéputé est l’un des plus grands obstacles à un Brexit réussi ».

Malgré l’opposition obstinée du gouvernement à un nouveau référendum, les bookmakers Coral et Betfair ont décidé de parier à cinq contre un sur l’organisation d’un autre référendum d’ici fin 2019.

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