Les eurodéputés qualifient Gibraltar de colonie

Le conflit anglo-espagnol autour de Gibraltar est sur la table des négociations depuis le début des négociations du Brexit [Carrasco Ragel/EPA/EFE]

Un règlement relatif à la libre circulation des citoyens britanniques dans l’UE a été approuvé par les eurodéputés. Le texte fait toutefois polémique car il qualifie l’enclave britannique de Gibraltar de « colonie ».

Les eurodéputés ont approuvé un règlement qui considérait, à la demande explicite de l’Espagne, l’enclave britannique de Gibraltar comme une « colonie ».  Le texte se décrit comme sans danger pour la souveraineté britannique. Lors des négociations en trilogue du 2 avril, les États membres semblaient résolus à ce que ce qualificatif figure dans le texte.

Plus tôt dans la semaine, le président de la commission aux affaires juridiques, le Britannique Claude Moraes, avait été destitué de son rôle de rapporteur du dossier à la décision de la conférence des présidents.

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À la tête de la commission parlementaire depuis 2014, l’eurodéputé travailliste a attribué cette décision au lobbying de l’Espagne au Conseil des ministres ainsi qu’aux « pressions exercées par des personnalités politiques et la presse espagnole », ajoutant avoir été désigné rapporteur « à l’unanimité » en raison du caractère « institutionnel et non politique » du dossier. Le Britannique a ajouté qu’il s’agissait d’un abus et qu’il n’était « pas préparé à voir l’Espagne prendre ce dossier en otage au Conseil avec une note qui qualifie juridiquement Gibraltar de colonie ».

Le texte devrait être voté par les eurodéputés demain et devra être adopté et publié dans le journal officiel de l’UE avant le 12 avril en préparation à l’éventualité d’un Brexit sans accord. « Il est essentiel que nous ayons un accord permettant la circulation sans visa entre le Royaume-Uni et l’UE, dans l’éventualité d’un Brexit sans accord », a déclaré l’eurodéputé conservateur Daniel Dalton. « Mais il est inadmissible que l’UE remette en question la souveraineté du Royaume-Uni ». L’eurodéputé conservateur espagnol et Vice-président du PPE, Esteban Gonzalez Pons, a quant à lui salué le texte, expliquant que son pays avait obtenu un soutien important des institutions européennes sur différend anglo-espagnol.

L’Espagnol a également accusé Claude Moraes d’essayer « désespérément » de reprendre les rênes du rapport dont il a été destitué « dans l’unique but que le terme « colonie » n’y figure pas.

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Le conflit anglo-espagnol autour de Gibraltar est sur la table des négociations depuis le début des négociations du Brexit, le Royaume-Uni tenant à tout prix à avoir le dernier mot au sujet de ses territoires d’outre-Manche. Au mois de novembre, l’Espagne avait menacé de bloquer la signature de l’accord de retrait négocié par l’UE et le Royaume-Uni si la question du statut de Gibraltar n’était pas clarifiée.

Les États membres ont toutefois refusé de modifier le texte et le gouvernement espagnol a conclu un accord de dernière minute prévoyant que tout futur accord impliquant Gibraltar devrait être approuvé par Madrid. L’opposition, dirigée par le parti Populaire espagnol, a jugé cette mesure insuffisante et accusé le Premier ministre, Pedro Sanchez, d’être passé à côté d’une opportunité historique. Les nationalismes et régionalismes seront au cœur des prochaines élections législatives espagnoles, qui se tiendront le 28 avril.

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