Goldman Sachs met en garde contre les conséquences du «Brexit» pour la City

6819116264_a78c633036_z.jpg [Lisa Widerberg/Flickr]

L’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne fait partie des avantages compétitifs de la place financière de Londres, a estimé Gary Cohn, le PDG de la banque Goldman Sachs, au Forum économique de Davos. 

Lors du Forum économique mondial de Davos, la semaine dernière, Gary Cohn a indiqué qu’une sortie de l’UE mettrait en danger l’avenir de Londres comme « grande capitale financière mondiale ».

Il a ajouté qu’il était « impératif » que le Royaume-Uni garde le secteur des services financiers à Londres et que son entreprise espérait conserver son siège européen dans la capitale britannique.

« Je pense qu’avoir une grande capitale financière mondiale au Royaume-Uni, et le Royaume-Uni en Europe est le meilleur scénario pour tout le monde », a-t-il déclaré.

La sortie de l’UE entrainerait un risque de délocalisation

Certains analystes craignent que si le Royaume-Uni décidait de quitter l’Europe, certaines multinationales pourraient déplacer leurs sièges européens en dehors de Londres afin de s’assurer un accès au marché unique.

Ces tactiques alarmistes ne sont cependant pas nouvelles, rappelle Matthew Elliott, du groupe de pression Business for Britain : « Lors du débat sur l’entrée de la Grande-Bretagne dans la zone euro, Goldman Sachs a menacé de se retirer du pays si nous [n’adoptions pas l’euro] et prévoyait déjà la chute de la City et des services financiers britanniques. Ils se sont trompés à cette époque-là, et ils se trompent aujourd’hui. »

Matthew Elliot estime que la législation européenne entrave la compétitivité de la City au niveau mondial, et surtout comparé aux États-Unis.

« Les nouvelles régulations financières imposées par l’UE à la City pourraient être adéquates dans la zone euro, mais ne le sont certainement pas pour la Grande-Bretagne, qui ne fait pas partie de la zone euro… Tout cela rend la City moins compétitive que Wall Street », estime-t-il.

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Lucy Thomas, du groupe pro-européen Business for New Europe, n’est pas de cet avis. Selon elle, les entreprises internationales choisissent Londres précisément à cause de l’appartenance du pays à l’UE.

« Goldman Sachs est l’une des 250 banques étrangères basées à Londres qui profite de notre appartenance à l’UE », explique-t-elle. « Les services financiers représentent 10 % des prélèvements d’impôts du Royaume-Uni, et la moitié de cela provient des entreprises internationales basées à Londres.  Perdre ces recettes serait très problématique pour notre économie. »

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Le Premier ministre, David Cameron, a promis aux Britanniques d’organiser un référendum sur l'adhésion du Royaume-Uni à l’UE s’il remporte les prochaines élections, prévues en 2015.

>> Lire : David Cameron prend le risque d’organiser un référendum sur l’UE

Cette promesse, officialisée dans un discours de janvier 2013, avait à l'époque séduit les Britanniques. Un sondage d'opinion réalisé le mois suivant a de fait révélé que si le référendum se déroulait sur le champ, 50 % de la population auraient voté pour une sortie de l'Union, alors que seuls 33 % auraient voté contre, et que 17 % se seraient abstenus.

>> Lire : La moitié des Britanniques voteraient pour une sortie de l'UE

Cependant, un sondage plus récent, publié en octobre 2014, indiquait que les Britanniques étaient plus enthousiastes vis-à-vis de l'UE que depuis 23 ans.

>> Lire : Le sentiment pro-européen progresse au Royaume-Uni

  • 7 mai 2015 : Élections législatives au Royaume-Uni
  • 2017 : Date promise par David Cameron pour le référendum.

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