Irlande du Nord : le gouvernement britannique appelle l’UE à la « flexibilité »

"Mon message sera clair : le temps presse et des solutions pratiques sont nécessaires maintenant pour que le Protocole fonctionne", a indiqué David Frost. [VICKIE FLORES/EPA]

Le Royaume-Uni et l’Union européenne cherchent mercredi à résoudre leurs désaccords concernant les dispositions commerciales post-Brexit en Irlande du Nord, Londres demandant de la « flexibilité » sur ces mesures à l’origine de vives tensions dans la province britannique.

A deux jours du sommet du G7 sous présidence britannique, le protocole nord-irlandais, âprement négocié dans le cadre du Brexit, empoisonne les relations entre les deux parties et tourne à ce que la presse britannique appelle déjà « la guerre de la saucisse ».

Une réunion à Londres avec le ministre chargé des relations européennes, David Frost, et le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic est destinée à trouver des solutions aux problèmes affectant les échanges commerciaux avec la province britannique, en raison notamment de lourdeurs administratives.

« Mon message sera clair : le temps presse et des solutions pratiques sont nécessaires maintenant pour que le Protocole fonctionne », a indiqué David Frost.

« Notre priorité commune doit être de protéger l’accord du Vendredi saint et le processus de paix. Je compte sur l’UE pour qu’elle fasse preuve de flexibilité et discute de nos propositions afin que nous puissions trouver des solutions qui jouissent de la confiance de toutes les communautés », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Effectif depuis le 1er janvier, le protocole nord-irlandais maintient la province britannique d’Irlande du Nord dans le marché unique et l’union douanière européens pour les marchandises, en prévoyant des contrôles douaniers sur les biens arrivant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne.

Il s’agit d’éviter le retour d’une frontière physique entre la province britannique et la République d’Irlande, membre de l’UE, afin de préserver la paix conclue en 1998 avec l’accord du Vendredi saint, après trois décennies sanglantes entre unionistes favorables au maintien sous la couronne britannique et républicains favorables à la réunification de l’île.

Mais le protocole provoque le mécontentement des unionistes, qui dénoncent l’introduction de fait d’une frontière en mer d’Irlande, au sein du Royaume-Uni. Après plusieurs soirs de violences début avril, les craintes de nouveaux heurts cet été augmentent, quand des marches orangistes commémoreront en juillet la domination protestante sur la province.

Selon le journal The Telegraph, Londres envisage une extension de la période de grâce pour la viande réfrigérée, censée s’achever le 30 juin : les importations de viande sont normalement interdites depuis un pays hors UE. Si rien n’est fait, saucisses et nuggets de poulets britanniques risquent de disparaître des supermarchés nord-irlandais, un signe de l’absurdité de ces mesures selon le gouvernement de Boris Johnson.

Brexit : la polémique enfle entre David Frost et l'UE à propos de l'Irlande du Nord

David Frost, le ministre britannique chargé du Brexit, a publié une tribune dans le Financial Times dans laquelle il appelle l’UE à revoir le protocole sur l’Irlande du Nord, éventuellement dès la réunion prévue mercredi 9 juin avec le commissaire européen Maroš Šefčovič. Un article d’EURACTIV Italie.

« Solutions créatives » 

Pour Bruxelles, Londres doit tenir parole après avoir signé le protocole en connaissance de cause.

« Si le Royaume-Uni prend de nouvelles mesures unilatérales dans les prochaines semaines, l’UE ne manquera pas de réagir rapidement, fermement et résolument pour assurer que le Royaume-Uni respecte ses obligations légales internationales », a averti Maros Sefcovic, dans le quotidien mardi.

« L’UE a démontré depuis le tout début que nous sommes prêts à trouver des solutions créatives quand c’est nécessaire », a souligné Maros Sefcovic. « Mais nous ne pouvons pas le faire seuls ».

Face à la grogne des unionistes, le gouvernement britannique avait déjà repoussé unilatéralement la période d’adaptation pour certains contrôles, notamment pour l’agroalimentaire. Cette décision avait poussé la Commission européenne à engager une procédure d’infraction contre le Royaume-Uni.

« Il n’y a absolument aucune raison d’empêcher la viande réfrigérée d’être vendue en Irlande du Nord et toute interdiction serait contraire aux objectifs du protocole et aux intérêts du peuple nord-irlandais », a déclaré mardi le porte-parole du Premier ministre britannique Boris Johnson.

Il a souligné que Londres souhaitait trouver une solution « urgente » et « consensuelle ».

Les tensions autour de l’Irlande du Nord devraient figurer au menu des discussions entre le président américain Joe Biden et Boris Johnson qui se rencontrent jeudi avant le sommet des chefs d’Etat et gouvernement du G7 sous présidence britannique en Cornouailles (sud-ouest de l’Angleterre).

Joe Biden a prévenu qu’une absence de solution risquerait de compromettre les chances de succès de l’accord de libre-échange entre les deux pays, que recherche ardemment Boris Johnson après le Brexit.

Le nouveau leader du DUP rencontre le gouvernement irlandais pour la première fois

Le leader nouvellement élu du DUP, Edwin Poots, a rencontré le Premier ministre irlandais, Micheal Martin, jeudi soir à Dublin,  afin de discuter du Protocole d’Irlande du Nord, dans une discussion que M. Poots espérait « franche ».

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