Le Brexit, un «sérieux avertissement», selon Rome

Paolo Gentiloni et Jean-Claude Juncker.

Paolo Gentiloni, le Premier ministre italien estime que le Brexit n’est pas une catastrophe pour l’Union européenne, mais constitue un sérieux avertissement. Un article de ClassEuractiv.

Le résultat du référendum sur le Brexit aurait dû marquer le début « d’une année catastrophique pour l’UE, mais ces prévisions ne se sont pas complètement réalisées », a souligné le Premier ministre italien, qui s’adressait au Sénat à quelques jours de l’ouverture du sommet européen. « Nous vivons des années compliquées, mais de nombreuses prédictions des premières semaines [après le référendum] se sont révélées infondées. »

« Il y a un an, l’UE était au cœur de la tempête, mais nous pouvons aujourd’hui dire que le Brexit n’a pas été le coup de grâce, mais un sérieux avertissement pour l’UE », a poursuivi le dirigeant italien. « Nous nous souviendrons peut-être un jour du référendum du Brexit non comme le début de la fin pour le projet européen, mais comme un avertissement qui a remis l’Union au centre du débat public. […] L’UE a confirmé son importance vitale et reste le projet central de nos avenirs. »

«Le Brexit commence à ressembler à un coup d’État»

Le Brexit est politiquement illégitime, estime le professeur A. C. Grayling, qui affirme que le retour du Royaume-Uni dans l’UE est une réelle option d’ici 10 à 15 ans.

Si, au fond, Rome n’est favorable à aucun Brexit, « dur » ou non, il est nécessaire que les relations entre un pays aussi important que le Royaume-Uni et le reste de l’UE soient claires, « surtout en ce qui concerne les droits et l’avenir des centaines de milliers de citoyens européens qui y ont élu domicile », a martelé le Premier ministre.

Pour Paolo Gentiloni, le Brexit rend évident le « caractère stratégique » de l’UE pour ses membres, mais l’Union doit changer, son cadre doit s’adapter aux évolutions des sociétés. Pour cela, « nous devons avoir la force de changer » l’Union, a-t-il fait remarquer.

Le Brexit coutera à la Grèce jusqu’à 0,8 % de son PIB

La sortie du Royaume-Uni de l’UE aura des conséquences sur l’économie grecque, notamment sur le tourisme, a déclaré le ministre adjoint aux Affaires étrangères, George Katrougalos, le 8 mai.

« La croissance de la zone euro est meilleure que prévu mais ne doit pas être étouffée par des règles qui ont été établies à une autre époque, lorsqu’il était difficile d’imaginer une croissance européenne de 2 % », a prévenu le Premier ministre.

« L’UE a besoin d’une véritable union monétaire, ainsi que de politiques d’investissement et d’emploi. Les chiffres et les points décimaux ne sont pas suffisants, nous avons besoin d’emploi, de santé, d’intégration sociale et de croissance », a-t-il ajouté.

Sur la question de l’immigration, Paolo Gentiloni a reconnu les efforts réalisés par l’UE mais a rappelé que « le rythme auquel avance l’UE se situe bien en-deçà des besoins du gouvernement pour gérer  ce phénomène ».

Le Premier ministre a ajouté que l’Italie ne pouvait pas accepter une UE « rigide sur les règles budgétaires mais souple sur l’immigration ». A cet égard, Paolo Gentiloni a salué l’ouverture de procédures d’infraction contre trois États membres ne respectant pas les quotas de relocalisation des réfugiés.

Bruxelles sévit contre trois pays refusant les réfugiés

Après de vaines mises en gardes, Bruxelles s’est résignée à lancer des procédures d’infraction contre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, pour leur refus obstiné d’accueillir des demandeurs d’asile depuis l’Italie et la Grèce.

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