Le Royaume-Uni plus divisé que jamais après la suspension du Parlement

[EPA-EFE/STRINGER]

La Reine a accepté de suspendre le parlement britannique à la suite de la demande de Boris Johnson. Aux yeux des opposants, cette décision risque de provoquer une crise constitutionnelle majeure, et ce, à quelques semaines du Brexit.

La Reine Elizabeth II a approuvé la suspension lors d’une réunion du Conseil privé de Sa Majesté, quelques heures seulement après la demande formulée par le gouvernement britannique.

Boris Johnson a introduit cette requête un jour après que des députés ont formé une coalition pour tenter de faire échouer la perspective d’un Brexit dur. Le Premier ministre britannique aurait agi dans le plus grand secret, étant donné que seule une poignée de ministres étaient au courant de ses plans.

Les rumeurs d’introduction d’une requête de suspension auprès de la reine planaient autour de Westminster depuis quelques semaines, permettant ainsi à Boris Johnson d’arrêter les députés dans leur tentative de bloquer la sortie du Royaume-Uni.

Le gouvernement prévoit donc de suspendre le gouvernement et d’organiser le discours du Trône le 14 octobre, lors duquel la reine Elizabeth II présentera le programme du gouvernement post-Brexit. D’après une source du 10 Dowing Street, « il est temps que le gouvernement et le Premier ministre fassent peau neuve et qu’ils mettent en place un programme post-sortie UE ».

Brexit : le gouvernement prévoit de suspendre le Parlement jusqu’au 14 octobre

Le gouvernement britannique prévoit de suspendre le Parlement jusqu’au 14 octobre, soit deux semaines avant la date prévue du Brexit, selon la BBC et Sky News. Ce qui pourrait empêcher les députés de s’opposer à une sortie sans accord de l’Union européenne.

Boris Johnson soutient que cette décision laisse encore assez de temps aux députés « pour négocier le Brexit » et il estime que le sommet européen prévu le 17 octobre offrira une dernière chance pour établir un accord.

« Nous devenons mettre en œuvre un programme législatif », a-t-il indiqué, ajoutant que les citoyens britanniques s’attendaient à ce que le gouvernement poursuive son programme de politique intérieure.

La suspension ne laisse cependant que quelques jours aux députés pour débattre et voter un accord, dans l’éventualité où Boris Johnson parvient à renégocier avec les leaders européens.

L’ancien chancelier de l’Échiquier et député britannique, Phillip Hammond, s’est fermement opposé à ces mesures, les qualifiant « d’outrages à l’ordre constitutionnel » et de « profondément antidémocratique ».

Avec Boris Johnson, le Royaume-Uni fait un pas supplémentaire vers le "hard Brexit"

Boris Johnson remplacera la Première ministre britannique Theresa May le 24 juillet après avoir confortablement remporté l’élection au sein du parti des conservateurs.

La députée pro-UE, Anna Soubry, dénonce aussi les projets de Boris Johnson et accuse le Premier ministre de « profiter de Sa Majesté, qui se trouve désormais empêtrée dans une situation très délicate ».

« Il est primordial, qu’en tant que député, nous faisons notre boulot… et que nous représentations nos électeurs », a-t-elle ajouté.

Entre temps, des députés de l’opposition se sont alliés pour contrer le plan d’urgence de Brexit dur, envisagé par le Premier ministre britannique.

Les dirigeants Jo Swinson (libéraux démocrates), Caroline Lucas (verts), Ian Blackford (SNP Westminster) et Jeremy Corbyn (travaillistes) se sont entretenus pour concevoir des plans afin d’éviter un Brexit sans accord.

Un porte-parole du gouvernement mené par les conservateurs a accusé l’opposition de vouloir saboter la position du Royaume-Uni dans les négociations avec l’UE.

Jo Swinson a déclaré ce mardi « que dans le meilleur des cas, l’article 50 sera prolongé dans l’optique d’organiser un deuxième référendum de « confirmation ». Le consortium de chefs de partis n’exclut cependant pas de soumettre une motion de censure au sein du gouvernement.

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