Boris Johnson concède un report du Brexit contre des élections en décembre

Le Premier ministre britannique a abandonné sa promesse de faire sortir le Royaume-Uni de l’UE à la fin octobre, mais veut imposer des élections législatives le 12 décembre.

Boris Johnson s’apprête à déposer une motion demandant des élections. Elle sera soumise au vote lundi 28 octobre. En échange de leur soutien au texte, les députés disposeront de deux semaines pour amender et ratifier le projet de loi sur le Brexit avant la tenue d’un scrutin.

« Je pense que la meilleure manière de concrétiser le Brexit est de se montrer raisonnable avec le parlement. S’il veut vraiment davantage de temps pour étudier cet excellent accord, il peut l’avoir, mais il doit donner son accord pour des élections législatives le 12 décembre », a déclaré le Premier ministre à la BBC.

Dans une lettre au chef du parti travailliste, Jeremy Corbyn, Boris Johnson a admis que les leaders européens allaient très probablement accorder une extension pour les négociations sur le Brexit. Ce sont les députés qui ont forcé le Premier ministre, qui y était farouchement opposé, à demander cette prolongation le week-end dernier.

Le 24 octobre, Boris Johnson a également reconnu que le Royaume-Uni ne sortirait pas de l’Union européenne le 31, comme il s’y était engagé à maintes reprises. Il a cependant souligné qu’un « délai plus court », fixant la date à la mi ou à la fin novembre, pouvait encore être proposé.

Boris Johnson martèle que Londres sortira de l'UE le 31 octobre

Le gouvernement de Boris Johnson a martelé dimanche 20 octobre que le Brexit aurait lieu le 31 octobre comme prévu, bien qu’il ait été contraint par le parlement d’écrire à Bruxelles pour demander un report, un coup de théâtre qui relance l’incertitude sur les modalités du divorce.

Il a ajouté que si son camp, le parti conservateur, gagnait les élections, il s’attèlerait immédiatement à la ratification du projet de loi sur le Brexit.

Le gouvernement a également abandonné l’idée de déposer son projet de budget 2020 le 6 novembre. Le ministre des Finances, Sajid Javid, l’avait présenté comme le premier budget « post-Brexit » du Royaume-Uni.

Les élections anticipées n’auront lieu que si deux-tiers des parlementaires se prononcent en leur faveur lors du scrutin. Le parti travailliste ayant donné pour consigne à ses députés de s’abstenir lors du vote sur la motion, cela paraît difficilement réalisable.

Ajoutant à la confusion, Jeremy Corbyn a déclaré à la presse que son parti soutiendrait une élection une fois que le risque de Brexit sans accord aurait été écarté, et se prononcerait une fois que l’UE aurait pris une décision concernant les modalités d’une extension du délai.

Le parti national écossais (SNP, centre-gauche) et les libéraux-démocrates (centre) ont annoncé qu’ils ne soutiendraient pas la motion.

Coup de projecteur sur Westminster après l’accord de Boris Johnson sur le Brexit

Boris Johnson a conclu un accord et il doit maintenant le défendre auprès du Parlement britannique.

« [Boris Johnson] a  raté la date butoir qu’il avait fixée et il exige maintenant que le parlement lui donne des élections législatives et le temps de faire adopter son projet de loi à toute vapeur sans examen approfondi », a déclaré le chef du parti libéral-démocrate, Jo Swinson.

« Nous, les libéraux-démocrates, nous ne soutiendrons aucune élection tant que nous ne serons pas certains d’éviter une sortie chaotique sans accord. Et pour cela, il faut que l’UE accorde une extension », a-t-il ajouté.

Le nouvelle menace de Boris Johnson au sujet des élections constitue sa dernière tentative de sortir son accord de retrait et d’autres mesures législatives controversées  de l’impasse. De leur côté, les « remainers », partisans du maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE, ne parviennent pas à rassembler suffisamment de voix pour organiser un deuxième référendum.

La motion de Boris Johnson brouille également les cartes avant une rencontre des ambassadeurs de l’UE ce 25 octobre, organisée pour entériner une extension de trois mois.

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