Face à l’opposition à un Brexit dur, Johnson envisage des élections

Boris Johnson [Will Oliver/EPA/EFE]

Le Premier ministre Boris Johnson envisage de convoquer des élections anticipées si les députés britanniques adoptent une loi visant à empêcher un Brexit sans accord.

Les députés britanniques devraient proposer une loi le 3 septembre obligeant le Premier ministre à réclamer une prolongation du délai du Brexit de six mois, s’il ne parvient pas à trouver un accord. Environ 20 députés du parti conservateur de Boris Johnson, qui possède une majorité d’un député pour gouverner, ont affirmé qu’ils étaient prêts à prendre le risque d’être expulsés du parti en votant en faveur de la loi.

Boris Johnson a convoqué une réunion de cabinet extraordinaire lundi soir prochain (9 septembre), après laquelle il devrait s’exprimer devant les députés conservateurs. Son équipe envisage d’organiser des élections si la loi est adoptée. Un scrutin pourrait donc avoir lieu début novembre, quelques jours seulement après le départ officiel prévu du Royaume-Uni le 31 octobre.

Le 2 septembre, un porte-parole du gouvernement a déclaré qu’il voyait le vote du mardi 3 septembre comme une « expression de la confiance dans la position de négociation du gouvernement pour obtenir un accord ». Une nouvelle semaine de tension politique et de drame constitutionnel à Westminster est en train de se profiler.

La semaine dernière, le gouvernement de Boris Johnson a annoncé son projet de suspendre le Parlement pendant cinq semaines du 9 septembre jusqu’au 14 octobre. L’argument du Premier ministre est que son administration a besoin d’un nouveau discours de la Reine pour lancer son programme législatif, ce qui nécessite une suspension parlementaire.

Cela donne toutefois moins de temps aux députés pour évaluer ses projets pour le Brexit et pour empêcher le Royaume-Uni de sortir de l’UE sans accord.

Le Royaume-Uni plus divisé que jamais après la suspension du Parlement

La Reine a accepté de suspendre le parlement britannique à la suite de la demande de Boris Johnson. Aux yeux des opposants, cette décision risque de provoquer une crise constitutionnelle majeure, et ce, à quelques semaines du Brexit.

En vertu de la loi du parlement britannique (Fixed Term Parliament Act), les seuls cas où le gouvernement pourrait avancer les prochaines élections, prévues pour 2022, sont si deux tiers des députés approuvent des élections anticipées ou si le gouvernement perd un vote de confiance et ne peut pas être remplacé par une nouvelle administration. À la suite d’un événement de campagne le 2 septembre, le chef de file des travaillistes, Jeremy Corbyn, a déclaré qu’il soutiendrait une élection « coute que coute ».

Les sondages d’opinion continuent de donner aux conservateurs une avance de 5 à 10 % sur les travaillistes, et les conseillers de Boris Johnson pensent qu’il peut remporter le scrutin en le présentant comme « le peuple vs le parlement ».

Une élection pourrait être approuvée en octobre, mais certains députés craignent que Boris Johnson la repousse après le 31 octobre.

« Je dis ‘Allez-y’… mais ce doit être avant le 31 octobre », a tweeté la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, qui dirige le Parti national écossais.

Boris Johnson s’est fixé pour objectif de persuader les dirigeants de l’UE d’accepter une révision de l’accord sur le Brexit lors d’un sommet européen le 17 octobre, en remplaçant le filet de sécurité irlandais par des « arrangements alternatifs » pour éviter le retour d’une frontière dure. Il insiste toutefois sur le fait que le Royaume-Uni quittera le bloc sans accord le 31 octobre si l’UE refuse tout compromis.

Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré aux journalistes que les responsables européens n’avaient toujours pas reçu de propositions décrivant une alternative au filet de sécurité irlandais, mais que les discussions entre l’UE et le Royaume-Uni étaient en cours.

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