Nouveau vote au Parlement britannique sur des élections anticipées

Le Premier ministre britannique est en mauvaise posture et tentera une dernière fois ce 9 septembre de fixer des élections générales au 15 octobre, car un report du Brexit, prévu le 31 octobre, devient de plus en plus probable.

Il semble peu probable que Boris Johnson obtienne une majorité lundi 9 septembre, date qui signe le dernier jour avant la prorogation du Parlement pour cinq semaines. Le Premier ministre britannique se trouve bien loin de la majorité, après que 21 députés conservateurs se sont fait expulser de leur parti en début de semaine.

Affaibli par une défaite au parlement, Johnson prévoit des élections anticipées

Après la défaite cuisante de sa stratégie sur le Brexit le 3 septembre au soir, Boris Johnson va tenter de convoquer de force des élections anticipées.

Branle-bas de combat ce mercredi 4 septembre, à Westminster : les législateurs ont rejeté le projet de Boris Johnson de convoquer des élections anticipées, avec seulement 298 votes en faveur sur 650, un résultat bien en deçà de la majorité des deux tiers requise par la loi « Fixed-Term Parliaments Act », prévoyant que des élections législatives se déroulent tous les cinq ans.

Tohu-bohu également le jeudi 5 septembre, lorsque Jo Johnson, le ministre de l’Éducation et le frère cadet du Premier ministre britannique, a démissionné de son poste, en déclarant qu’il avait été « déchiré entre la loyauté familiale et l’intérêt national — c’est une tension insoutenable ».

Entre-temps, le projet de loi sur le report de Brexit entrera plus que probablement en vigueur avant la prorogation du Parlement britannique, après que le gouvernement a signalé que la Chambre des Lords ne s’y opposerait pas ».

Michael Gove, Chancelier du duché de Lancastre, a confirmé aux députés que le gouvernement se conformerait au projet de loi de demander une prolongation de l’article 50 jusqu’au 31 janvier, et ce, lors du sommet européen à Bruxelles ce 17 octobre.

En témoignant devant les législateurs lors de la réunion du conseil « Exiting the EU » sur les plans d’urgence du gouvernement pour un scénario sans accord, Michael Gove a également minimisé la perspective d’une pénurie d’aliments au Royaume-Uni dans les semaines suivant un Brexit dur.

« Nous verrons probablement le prix de certains produits alimentaires augmenter et d’autres baisser », a-t-il indiqué, bien qu’il ait admis qu’« il n’y a pas de bon moment pour quitter l’UE sans un accord ».

Un porte-parole de la Commission européenne a refusé de s’exprimer sur la manière dont une demande de report serait traitée par les leaders européens, mais a toutefois avancé que « toute demande de prolongation devrait être motivée ».

Le gouvernement britannique a, en outre, nié les propos du négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, selon lesquels les pourparlers sur le Brexit étaient « paralysés ». Un porte-parole de Boris Johnson, a en effet affirmé que « les deux parties étaient d’accord pour poursuivre les négociations demain après les discussions constructives d’hier ».

Michel Barnier a reporté sa visite à Belfast prévue ce lundi 9 septembre, où il devait donner une conférence à la Queen’s University, disant au vice-chancelier de l’institution que le moment était malheureusement « mal choisi » et que l’heure de vérité a sonné pour Westminster.

La prochaine réunion entre les chefs de l’UE et le chef négociateur du Brexit, David Frost, aura lieu vendredi, mais un porte-parole de la Commission a déclaré que l’UE n’avait toujours pas reçu de « propositions concrètes » concernant des alternatives au filet de sécurité irlandais, que Johnson a identifié comme le principal obstacle à un accord.

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