Boris Johnson veut renégocier l’accord de Brexit

Boris Johnson

Boris Johnson a promis d’immédiatement renégocier le divorce du Royaume-Uni et de l’UE lors du lancement officiel de sa campagne pour le 10 Downing Street. Problème : pour les institutions européennes, il en est hors de question.

« Après trois ans et deux rendez-vous manqués, nous devons quitter l’UE le 31 octobre », a assuré Boris Johnson, tout en promettant « d’unir ce pays et ce parti ».

Boris Johnson est le favori pour remplacer Theresa May et se targue d’avoir le soutien de plus de ministres du cabinet qu’aucun autre candidat. Il est aussi très populaire parmi les membres du parti. Il reste toutefois une figure profondément clivante pour beaucoup, qui le jugent gaffeur et inadapté pour un haut poste.

Ses détracteurs pointent aussi du doigt ses deux années d’échec en tant que ministre des Affaires étrangères au gouvernement de Theresa May, avant sa démission l’été dernier à cause de la stratégie de la Première ministre sur le Brexit.

Boris Johnson, qui a mené la campagne pour sortir de l’UE lors du référendum de juin 2016 promet de renégocier les termes de la sortie du Royaume-Uni, mais refuse de rentrer dans les détails sur ce que cela impliquerait.

Il a minimisé la perspective d’un scénario de sortie sans accord : « je ne vise pas une sortie sans accord, je ne pense pas que nous puissions finir avec un tel scénario ». Il a toutefois ajouté que s’y préparer vigoureusement et sérieusement n’était qu’une preuve de responsabilité. « Ce n’est que si nous avons le courage de nous préparer à cela que nous pourrons aller à Bruxelles avec conviction et obtenir l’accord souhaité. »

La plupart des dix candidats à la tête du parti ont promis de sortir le Royaume-Uni de l’UE avec ou sans accord et ont reproché à Theresa May d’avoir exclu l’option du « no deal » et d’avoir négocié deux reports au départ du pays de l’UE.

Lors du lancement de sa campagne mercredi 12 juin, l’ancienne ministre Andrea Leadsom a déclaré que quitter l’UE en octobre était sa « ligne rouge ».

Pour Rory Steward, l’idée de négocier un meilleur accord n’est pas un « conte de fée » alors que le ministre des Finances, Philip Hammond assure qu’un Brexit en octobre n’est pas « impossible ». « Il n’est pas raisonnable que les candidats s’engagent de cette manière », estime ce dernier.

Pendant ce temps au parlement britannique, le parti travailliste d’opposition et une poignée de conservateurs rebelles ont élaboré un nouveau plan pour prendre le contrôle du programme commercial du parlement pour qu’il soit impossible pour le gouvernement de retirer le Royaume-Uni de l’UE sans accord.

Le nouveau Premier ministre devrait prendre ses fonctions le 22 juillet et le nombre de dix candidats commencera à diminuer jeudi 13 juin, lorsque les députés conservateurs tiendront leur premier tour de scrutin.

Les 160 000 membres du parti décideront ensuite du vainqueur entre les deux derniers candidats lors d’un vote par courrier, dont le résultat sera annoncé durant l’avant-dernière semaine de juillet.

Cela laisse peu de temps pour que le nouveau Premier ministre rouvre et conclut les négociations avec Bruxelles puis obtienne un accord à la Chambre des communes.

L’idée de renégociation a aussi été rejetée par les dirigeants européens. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, soutient que l’accord de retrait négocié avec Theresa May « est un traité entre le Royaume-Uni et l’Union européenne » et « doit être respecté par quiconque sera le nouveau Premier ministre britannique ».

Pour sa part, le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a qualifié l’idée de renégocier un accord de Brexit de « terrible erreur de calcul politique ».

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