Juncker espère revoir le Royaume-Uni dans l’UE

Jean-Claude Juncker ne perd pas espoir. [European Union]

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, estime qu’un Royaume-Uni post-Brexit pourrait un jour vouloir réintégrer l’UE. Londres a moins fait bande à part que Varsovie lors du sommet de 9 et 10 mars.

À la fin d’un sommet dominé par l’opposition obstinée de la Pologne à la réélection de Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, Jean-Claude Juncker a déclaré avec optimisme que le Royaume-Uni pourrait un jour vouloir réintégrer la famille européenne.

« Je n’aime pas [l’idée du] Brexit parce que j’aimerais être dans le même bateau que les Britanniques. Un jour viendra où les Britanniques auront envie de réembarquer, je l’espère », a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse, le 10 mars.

Theresa May, la Première ministre britannique, devrait activer l’article 50, qui déclenchera le compte à rebours du Brexit effectif, ce mois-ci.

May invite Tajani à Londres pour discuter du Brexit

Le nouveau président du Parlement européen, Antonio Tajani, se rendra à Londres  avant l’été à l’invitation de Theresa May pour discuter du Brexit.

Le règlement de la logistique et des détails pratiques des négociations de divorce entre Londres et Bruxelles est déjà bien avancé. Quand Theresa May activera l’article 50, une équipe de négociateurs européens, menée par le diplomate français Michel Barnier, entrera en action. Un sommet spécial sera également organisé.

Pour Angela Merkel, le Brexit tire la sonnette d’alarme pour l’Europe, qui doit remettre son efficacité en question. La chancelière allemande a donné plus de précisions sur les négociations, indiquant que « nous savons tous que la lettre déclenchant l’article 50 sera envoyée en mars, nous ne sommes donc pas pris de court ».

« Un sommet extraordinaire sera alors organisé début avril. Si la lettre est envoyée dans la semaine à venir, le sommet aura lieu le 6 avril, sinon nous devrons convenir d’une date ultérieure », a-t-elle poursuivi, assurant que la date exacte de l’activation de l’article 50 n’avait pas une grande importance.

Enda Kenny, le Premier ministre irlandais, s’est entretenu avec Theresa May pendant 30 minutes avant son départ de Bruxelles. La Première ministre n’a en effet pas participé à la rencontre du 10 mars, dédiée à l’UE post-Brexit.

Selon le représentant irlandais, la Première ministre britannique n’a pas donné de précisions sur la date d’activation du fameux article, assurant uniquement que celle-ci aurait lieu avant la fin du mois.

Dublin ne croit pas au calendrier du Brexit

Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, peine à croire que la Première ministre britannique, Theresa May, déclenchera l’Article 50 lors du Conseil européen du 9 mars prochain,  date à laquelle elle s’est engagée à lancer la procédure légale pour quitter l’UE.

Guy Verhofstadt, le négociateur en chef du Brexit pour le Parlement européen, a relancé aujourd’hui son idée selon laquelle les citoyens britanniques qui voulaient rester dans l’UE pouvaient d’une manière ou une autre conserver leurs droits.

Il a déclaré à la BBC que le Brexit était un « choc émotionnel » pour les citoyens britanniques. « Ils sont perdus, ils perdent une partie de leur identité », a-t-il déclaré, tout en ajoutant que les négociateurs « devraient prendre cela en considération » en autorisant le maintien de certains de leurs droits actuels, comme le droit de vote ou la liberté de circulation.

Reste à savoir comment cela pourrait fonctionner ou si cette idée est soutenue. Quoi qu’il en soit le Parlement aura son mot à dire sur l’accord final.

Verhofstadt prévient qu’un mauvais Brexit détruirait le marché unique

Selon le négociateur en chef du Brexit pour le Parlement, Guy Verhofstadt, accepter les exigences britanniques d’accès au marché unique tout en introduisant des limites à l’immigration plus stricts pourrait détruire l’Europe.

Réponse sous 48 heures

Donald Tusk, qui s’est fait réélire à la présidence du Conseil, a déclaré que la Commission allait répondre à la lettre de Theresa May dans les 48 heures.

Lorsqu’un journaliste lui a demandé si l’équipe de Bruxelles était prête et si oui, pourquoi elle avait besoin de 48 heures pour répondre, Donald Tusk a été moins tranché qu’Angela Merkel, et a répondu : « nous avons besoin de temps pour réagir ».

« Nous, en tant qu’organe politique, avons confiance en nos négociateurs en chef, Jean-Claude Juncker et Michel Barnier », a-t-il cependant assuré.

S’exprimant aux côtés de Donald Tusk, Jean-Claude Juncker a déclaré que le Brexit n’était pas la fin de l’Union européenne et lui avait même donné un nouvel élan. « J’ai l’impression que le Brexit encourage les autres à continuer… l’intégration gagne de plus en plus l’adhésion de la population. » « Je regrette que le Brexit soit une réalité, mais ce n’est pas la fin », a-t-il rappelé.

Certains des dix pays candidats à l’adhésion européenne, principalement des pays des Balkans occidentaux, ont cependant exprimé leurs craintes face à l’Europe à plusieurs vitesses, conséquence du Brexit.

Pas « nouveaux États membres »

Jean-Claude Juncker a déclaré qu’il n’aimait ni l’expression « Europe à plusieurs vitesses » ni « nouveaux États membres ». « Il n’y a pas de ‘nouveaux États membres’ mais seulement des ‘États membres’ », a-t-il déclaré aux journalistes.

« Nous n’aimons pas beaucoup et n’utilisons pas beaucoup ‘Europe à plusieurs vitesses’ », a déclaré un responsable de la Commission. « Nous préférons parler de coopération améliorée, car ceux qui veulent aller plus loin le peuvent, et les autres peuvent les rejoindre quand ils veulent. »

« ‘Plusieurs vitesses’ résonne comme si les pays allaient tous dans des directions différentes en même temps. Ce n’est pas le cas. Ils vont dans la même direction », conclut-il.

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Michel Barnier, négociateur du Brexit pour l’UE, a restreint le temps de négociation de cinq mois en annonçant que le divorce devrait être conclu d’ici octobre 2018.

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