Juncker demande à la Belgique d’accueillir les eurocrates britanniques

Le président de la Commission européenne a appelé la Belgique à faire preuve de générosité en offrant la citoyenneté belge aux Britanniques travaillant dans les institutions européennes.

Jean-Claude Juncker a demandé à la Belgique d’accueillir les responsables européens de nationalité britannique. Il a formulé cette demande après que le Premier ministre belge Charles Michel s’est adressé aux députés européens le 3 mai.

Après avoir fait l’éloge de Charles Michel, le décrivant comme « un Premier ministre dévoué à la cause européenne » et qualifiant Bruxelles d’« environnement chaleureux et accueillant où nous sommes très heureux de pouvoir être », Jean-Claude Juncker a exhorté Charles Michel à étendre cette bienveillance aux eurocrates britanniques.

Fonctionnaires britanniques

« J’aimerais que les autorités belges fassent preuve de la même générosité pour offrir la nationalité belge aux fonctionnaires britanniques ici à Bruxelles. Ils le méritent », a-t-il déclaré. « Je sais que le Premier ministre déborde de générosité et qu’il entendra notre demande. »

La citoyenneté belge contribuerait à résoudre le problème de l’avenir des 1 260 employés britanniques travaillant dans les institutions de l’UE, une situation qui n’a toujours pas été éclaircie près de deux ans après le référendum sur le Brexit.

Le blues des salariés britanniques des institutions européennes

Avec le Brexit, dont les négociations se tiennent en ce moment à Bruxelles, l’avenir des fonctionnaires britanniques est en suspens. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Les règles du personnel de l’UE stipulent que les fonctionnaires doivent avoir la nationalité d’un État membre, ce qui veut dire que les Britanniques travaillant en tant que responsables européens pourraient être licenciés après la sortie du Royaume-Uni de l’UE en mars 2019.

Le nombre de Britanniques demandant la citoyenneté belge a donc grimpé en flèche depuis le référendum de juin 2016. Au total, 506 ressortissants britanniques ont obtenu la citoyenneté belge en 2016, soit quatre fois plus que l’année précédente. Certaines personnes sont toutefois inéligibles, car pour demander la nationalité belge, les règles actuelles exigent d’avoir vécu dans le pays pendant cinq ans.

La sécurité de l’emploi des eurocrates britanniques varie cependant d’une institution européenne à l’autre. Les fonctionnaires de la Commission européenne, qui emploie environ 70 % des britanniques travaillant dans les institutions, semblent être plus en sécurité. En mars, Günther Oettinger, le commissaire européen responsable des ressources humaines, a indiqué que les fonctionnaires ne seraient licenciés qu’en cas de « conflits d’intérêts ou d’obligations internationales ».

Dans le même temps, Martin Schulz, l’ancien président du Parlement, a promis aux responsables britanniques qu’ils ne seraient pas licenciés après le Brexit.

Les Britanniques convoitent les passeports européens

Le manque de clarté sur les droits des citoyens post-Brexit pousse de plus en plus de Britanniques à chercher d’autres nationalités. La Suède, l’Irlande et l’Allemagne ont ainsi annoncé une hausse du nombre de Britanniques faisant une demande de passeport.

Mais les emplois dans les groupes politiques du Parlement européen sont déterminés, en partie, par le nombre de députés européens élus par chaque parti affilié, et l’obtention de la citoyenneté belge ne changerait pas grand-chose pour les Britanniques travaillant pour les groupes politiques.

Les socialistes et démocrates et le groupe des conservateurs et réformistes européens sont les principaux employeurs des Britanniques au sein de l’assemblée parlementaire.

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