Juncker tend la main au Royaume-Uni à six mois du Brexit

Jean-Claude Juncker s’est montré très positif sur les négociations de Brexit, qui sont selon lui « gérées de main de maître par [son] ami Michel Barnier ».

A six mois de la sortie du Royaume-Uni de l’Union, Jean-Claude Juncker a déclaré que « le Royaume-Uni ne sera jamais, à nos yeux, un pays tiers comme les autres » lors de son discours sur l’état de l’union, le 12 septembre. « Le Royaume-Uni sera toujours un voisin et partenaire très proche, à la fois en termes de politique, d’économie et de sécurité », a-t-il ajouté.

Il s’est également montré plus ouvert face aux propositions commerciales de Theresa May que de nombreux membres du parti même de la Première ministre. « Nous convenons, comme mentionné dans la déclaration de Chequers, que le point de départ d’un tel partenariat devrait être une zone de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. »

Une ouverture rapidement saluée par la Première ministre au parlement britannique. « Je veux dire à nos alliés les plus proches en Europe que vous ne serez jamais une partie tierce comme les autres pour nous », a-t-elle répondu.

Le Brexit est-il encore réversible ?

Les négociations sur les termes de la sortie britannique de l’Union européenne avancent et le scénario du No Deal (sortie « nette », sans accord sur la relation future entre Londres et l’Union) fait l’objet de débats intenses à Londres et à Bruxelles. À l’inverse, peut-on alors imaginer que les Britanniques fassent demi-tour ?

Au-delà des mots chaleureux, les divisions persistent, et elles sont profondes. Le président de l’exécutif a ainsi souligné que Londres ne pourra pas choisir tous les aspects de sa relation future avec l’UE. « Si vous quittez l’Union, vous ne faites bien évidemment plus partie de notre marché unique, et vous ne pouvez certainement pas y participer, à la carte, dans les seuls aspects que vous voudriez choisir. »

Il s’est également montré inflexible sur la frontière irlandaise, qui reste l’obstacle principal à l’accord de sortie du pays. Ainsi, l’UE et ses membres « maintiendront sans faiblir leur loyauté et leur solidarité à l’égard de l’Irlande sur la question de la frontière ». Il encourage donc une « solution créative » pour éviter l’instauration d’une frontière fermée.

« Nous serons aussi très clairs au cas où le gouvernement britannique se défausserait de ses responsabilités découlant de l’accord du Vendredi saint. Ce n’est pas l’Union européenne, mais le Brexit, qui risque de rendre la frontière plus visible en Irlande du Nord », a-t-il martelé.

La Première ministre a pour sa part indiqué les réticences de Londres face à la facture d’entre 35 et 39 milliards d’euros contenu dans l’accord. « Nous sommes un pays qui honore ses engagements, nous croyons à l’état de droit et nous acquittons donc de nos obligations légales », a-t-elle assuré, avant de nuancer : « néanmoins… l’offre actuelle a été faite dans l’esprit d’un accord avec l’Union européenne et en considérant, comme l’UE l’a elle-même admis, que rien n’était décidé tant que tout n’était pas décidé. »

Les négociateurs du Brexit promettent d'accélerer la cadence

Les négociateurs européen et britannique ont promis d’accélérer les discussions pour éviter un Brexit sans accord. Ils n’ont plus que deux mois pour s’accorder sur un texte.

 

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