Sécurité alimentaire et médicaments: deux priorités en cas de «no deal»

Jyrki Katainen [EC/BOULOUGOURIS]

L’approvisionnement en médicaments et les normes de sécurité alimentaire sont essentiels. L’UE ne peut pas donner la priorité à l’un au détriment de l’autre en cas d’échec du Brexit, a déclaré le vice-président de la Commission, Jyrki Katainen.

Jyrki Katainen a cherché à apaiser les inquiétudes concernant la préparation de l’UE au Brexit dans le domaine de la santé et de la sécurité alimentaire, une responsabilité dont il a hérité temporairement du commissaire à la santé Vytenis Andriukaitis, actuellement en congé sans solde pour participer aux élections présidentielles en Lituanie.

« Un scénario sans accord serait très perturbant pour les deux parties », a déclaré le vice-président de la Commission, ajoutant que les domaines de la santé et de la sécurité alimentaire étaient aussi au cœur des préoccupations générales.

Il a toutefois répété à plusieurs reprises que l’UE était bien préparée, un leitmotiv commun à toutes les conférences de presse sur un potentiel Brexit sans accord que la Commission a organisé cette semaine.

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Alors que le Brexit se trouve toujours dans l’impasse, l’UE a accéléré ses préparatifs pour un Brexit sans accord, notamment dans le secteur des douanes puisque les contrôles aux frontières seront obligatoires du jour au lendemain en cas de « no deal ».

Récemment, le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock, a déclaré lors d’une audition parlementaire que les médicaments seraient prioritaires sur les aliments en cas de sortie sans accord.

Aucun risque pour l’approvisionnement en médicaments

Interrogé par Euractiv sur un tel classement, le commissaire s’est opposé à toute concurrence entre les deux secteurs.

« Nous ne pouvons pas donner la priorité aux médicaments aux dépens de la sécurité alimentaire, car les deux sont importants », a-t-il déclaré, ajoutant que l’UE dispose de bons moyens pour relever ces deux défis.

« En ce qui concerne les médicaments, nous avons travaillé très dur ces deux dernières années avec l’Agence européenne des médicaments et les autorités nationales pour veiller à ce que tout le monde soit prêt, en particulier l’industrie », a-t-il ajouté.

L’octroi des mêmes transferts administratifs pour tester la production de lots de médicaments, normalement effectués dans l’UE, est particulièrement préoccupant.

L’UE accordera au Royaume-Uni une certaine flexibilité, comme dans le cas des mises en circulation transitoires de lots produits au Royaume-Uni qui, pour de bonnes raisons, ne peuvent être transférés dans l’UE pour y être testés.

Le commissaire a également ajouté qu’il n’y avait aucune raison pour que l’UE ait des problèmes avec la disponibilité des médicaments et que, même si les États membres devraient de temps en temps avoir des problèmes de ce genre, ceux-ci ne seraient pas causés par le Brexit.

Interrogé sur les risques pour l’approvisionnement en médicaments de l’UE vers le Royaume-Uni dans le cadre d’un Brexit sans accord, Jyrki Katainen a déclaré qu’il appartenait aux autorités britanniques d’informer leurs citoyens sur cette question, ce que, selon lui, elles font déjà.

« Nous souhaitons au Royaume-Uni le meilleur pour la suite, mais nous nous concentrons sur la protection des citoyens de l’UE », a-t-il déclaré.

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Sécurité alimentaire

« Lorsque le Royaume-Uni quittera l’UE, il sera confronté à un obstacle dont nous nous sommes débarrassés il y a longtemps : les frontières », a averti le commissaire finlandais.

Le principe des « frontières » consiste à rétablir les contrôles et les inspections des denrées alimentaires entrant dans l’UE, afin de se conformer aux normes de sécurité du bloc, considérées comme les plus élevées au monde.

La Commission semble toutefois moins « préparée » sur la question des inspections alimentaires aux frontières, puisqu’aucun fonctionnaire n’a pu expliquer où ces contrôles auraient lieu, reconnaissant que « les décisions unilatérales sont trop difficiles à mettre en œuvre ».

Le Royaume-Uni doit figurer sur la liste des pays tiers autorisés à exporter par la Commission, faute de quoi aucun produit alimentaire britannique ne pourra être commercialisé dans l’UE.

En ce qui concerne la sécurité alimentaire, le Royaume-Uni sera écarté de tout système d’alerte aux risques tel que le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) et le système de fraude alimentaire de l’Assistance administrative et de coopération (AAC).

« Le Royaume-Uni n’aura plus accès à aucun système d’alerte et sera déconnecté de toutes les bases de données en cas de Brexit sans accord  », a déclaré un responsable européen.

Une autre source de l’UE a précisé que le fait d’être exclu du régime ne signifie pas que le Royaume-Uni ne peut pas y avoir accès en tant que pays tiers. « S’il y a un problème de sécurité alimentaire, il existe d’autres moyens de communication adaptés aux pays tiers. »

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