L’UE réclame 2,1 milliards d’euros au Royaume-Uni

David Cameron, UK Prime Minister, arrives at the Council meeting in Brussels, Oct. 23, 2014 [European Council/Flickr]

David Cameron, premier ministre britannique, arrive à la réunion du Conseil, Oct. 23, 2014 [European Council/Flickr]

Le Royaume-Uni a reçu ce 23 octobre une demande surprise de la part de la Commission européenne, qui veut augmenter de 2,1 milliards d’euros la contribution britannique au budget européen.

C’est un cadeau empoisonné de Barroso à son successeur. La requête adressée jeudi 23 octobre par la Commission au Royaume-Uni a terni la réunion des chefs d’État et de gouvernement à Bruxelles.

Le premier ministre britannique, David Cameron, tente de rallier d’autres dirigeants européens à sa cause pour s’opposer à ce supplément inattendu. Celui-ci a pour vocation de refléter la bonne santé de l’économie britannique, qui n’était pas aussi performante la dernière fois que les contributions des États membres ont été calculées.

Ironiquement, cette requête de l’UE pourrait s’appuyer sur une déclaration faite par le premier ministre britannique lui-même, qui s’est inquiété des perspectives économiques pour le moins moroses de l’Union en arrivant au sommet de Bruxelles ce jeudi 23 octobre.

« L’économie britannique se porte bien. Nous créons des emplois et voyons naître de nouvelles sociétés, a-t-il en effet déclaré à l’entrée de la réunion. Nous ne sommes toutefois pas à l’abri des problèmes économiques survenant ailleurs en Europe et avons des inquiétudes quant à la situation d’autres États. Je veux donc savoir quelles mesures vont être prises pour encourager l’emploi, déréguler, réformer et faire en sorte que les économies européennes puissent enregistrer plus de croissance, pour que l’économie britannique puisse continuer de croître. »

Requête surprise

La demande de contribution adressée à la Grande-Bretagne est de loin la plus importante. Selon le Financial Times, elle implique d’augmenter d’un cinquième les transferts britanniques.

Cette requête tombe bien mal pour David Cameron, dont le pays se rendra aux urnes en mai, alors même que le parti pour l’indépendance, UKIP, rafle une partie du vote conservateur. Certains craignent donc de voir le premier ministre britannique forcé de jouer la carte de la partisanerie politique face à la requête de l’UE. Nigel Farage ne manquera quant à lui pas d’en tirer un certain capital politique.

Un porte-parole britannique a déclaré lors du sommet européen que David Cameron avait discuté de la question avec son homologue néerlandais Mark Rutte, également confronté à une addition salée à payer d’ici le 1er décembre.

« L’UE ne s’attendait pas à recevoir cet argent et n’en a donc pas réellement besoin. Nous allons nous efforcer, avec d’autres pays, de nous opposer à cette demande », a expliqué le porte-parole.

Patrizio Fiorilli, porte-parole de la Commission a justifié cette demande supplémentaire qui, selon lui, fait partie des ajustements normaux du budget européen.

« La contribution britannique reflète une augmentation de la richesse du pays, tout comme les citoyens du Royaume-Uni payent plus d’impôts quand leur revenu augmente », souligne le porte-parole.

David Cameron est apparemment furieux de voir la France récompensée d’une réduction de paiement de 525,3 millions d’euros.

Une source du cabinet du premier ministre aurait déclaré qu’« il n’est pas acceptable de changer la contribution des années précédentes et de la réclamer immédiatement ».

Une demande qui nous rapproche du Brexit?

Les tabloïds britanniques estiment que le Royaume-Uni est puni à cause de son relatif succès économique par rapport au reste de l’Europe.

La requête survient de plus quelques semaines seulement avant l’élection partielle causée par l’abandon par le député Mark Reckless de son groupe politique, UKIP. La facture devra être payée quelques jours après cette élection.

Le 20 novembre, le résultat de l’élection partielle sera examiné de près par des observateurs curieux de savoir si certains électeurs traditionnels du parti conservateur se seront ralliés au parti eurosceptique.

Une victoire de UKIP poussera David Cameron à adopter une attitude plus stricte par rapport à l’Europe à l’approche des élections législatives de mai prochain.

Nigel Farage, président du parti UKIP, estime quant à lui que « chacune des stratégies adoptées par le premier ministre dans nos rapports avec l’UE a été un échec », selon le Daily Telegraph. « Il a deux possibilités : organiser un référendum avant les prochaines élections législativesou perdre ces élections », ajoute-t-il. 

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