L’Union européenne soulagée après le « non » écossais

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Discrets pendant la campagne, plusieurs chefs de gouvernement européens et la Commission ont exprimé leur soulagement à la suite des résultats du référendum, remporté par les unionistes.

Plusieurs responsables de l’Union européenne et de l’Otan n’ont pas caché leur soulagement vendredi 19 septembre après la claire victoire du « non » lors du référendum de la veille sur l’indépendance de l’Écosse.

Certains ont cependant dit craindre que ce scrutin n’ait ouvert une boîte de Pandore et n’inspire d’autres régions d’Europe.

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Le président de l’exécutif catalan, Artur Mas, a d’ailleurs confirmé qu’il organiserait le 9 novembre un référendum sur l’indépendance de la Catalogne malgré l’opposition du gouvernement central de Madrid.

Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a adressé ses félicitations au Premier ministre britannique David Cameron et s’est dit sûr que le Royaume-Uni continuerait à jouer un rôle de premier plan au sein de l’Alliance atlantique.

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a également salué le résultat du référendum. « Les Écossais ont ainsi évité de graves conséquences économiques, sociales, institutionnelles et politiques », a-t-il dit dans un message vidéo diffusé sur le site internet du gouvernement.

« Ils ont fait le meilleur choix pour tout le monde – pour eux-mêmes, pour toute la Grande-Bretagne et pour le reste de l’Europe », a ajouté le chef du gouvernement espagnol.

A Berlin, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que la situation juridique de la Catalogne était « totalement différente » de celle de l’Écosse, appuyant ainsi Mariano Rajoy dans son refus d’un référendum.

Engagement européen

A Bruxelles, la Commission européenne a déclaré que le résultat du vote écossais était bon pour « une Europe plus forte, unie et ouverte ». Le gouvernement britannique a promis d’organiser en 2017 un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE.

Le président de la Commission, Jose Manuel Barroso, a salué le fait que « durant le débat de ces dernières années le gouvernement et le peuple écossais ont réaffirmé à maintes reprises leur engagement envers l’Europe ».

Pour le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, l’indépendance de l’Écosse aurait été un « cataclysme » pour l’Europe en encourageant séparatisme et nationalisme dans d’autres pays, ce qui aurait eu pour effet de rendre le continent « ingouvernable ».

Sortant de la neutralité affichée par la Commission pendant la campagne, De Gucht a confié à la radio publique belge en langue flamande VRT qu’il avait redouté une victoire du « oui ».

« Si cela s’était produit en Écosse, je pense que cela aurait constitué un séisme politique de l’ampleur de l’effondrement de l’Union soviétique », a-t-il dit. « Cela aurait été un cataclysme pour l’Europe. C’est ce que je craignais. »

« Une Europe menée par l’autodétermination des peuples (…) serait ingouvernable parce que cela représenterait des dizaines d’entités alors qu’il y a des aspects de la politique qui nécessitent l’unanimité ou une large majorité », a expliqué le commissaire européen. « De plus, il y a des pays, ou des parties d’anciens pays, qui se seraient comportés de manière très nationaliste. »

« Forces centrifuges »

Avant même la fermeture des bureaux de vote en Écosse, jeudi, le président français François Hollande avait dit sa crainte d’une « déconstruction » de l’Union européenne et de ses États membres.

« Voilà ce qui se produit en ce moment, cette conjugaison de forces centrifuges qui ont fini par perdre ce qu’était l’enjeu européen », a-t-il dit. « Nous rentrons, en tout cas c’est un danger, dans un processus de déconstruction, pas simplement de l’Union européenne, mais des États eux-mêmes. »

A Rome, le président du Conseil italien Matteo Renzi a estimé que le vote écossais permettait d’espérer que le Royaume-Uni, qui a promis une plus large autonomie à ses quatre composantes (Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord), demeure au sein de l’UE à l’issue du référendum prévu pour 2017.

Le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, s’est dit « soulagé » par le résultat

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Pour le premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka, la victoire du « non » « montre que le monde n’est pas tout à fait devenu fou ».

Plusieurs hommes politiques, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, ont cependant dit craindre que ce référendum écossais ne marque un précédent, et pas seulement en Espagne.

Pour l’ancien chef de la diplomatie allemande Hans-Dietrich Genscher, il est clair que les États fortement centralisés n’ont plus les faveurs des Européens. « Le modèle allemand de système fédéral apparaît comme le plus moderne », a-t-il estimé.

L’Écosse et le Royaume-Uni ont signé un accord le 15 octobre 2012 qui a ouvert la voie à la tenue d’un référendum en automne 2014.

L’Écosse fait partie du Royaume-Uni depuis sa création en 1707. L’actuel Parlement écossais a été fondé en 1999 dans le cadre d’un processus de décentralisation au sein du Royaume-Uni. Des assemblées nationales ont vu le jour en Écosse, au pays de Galle et en Irlande du Nord afin d’accorder plus d’autonomie à ces entités. Le Parlement écossais dispose de compétences dans certains domaines politiques, comme l’enseignement et la santé et peut légiférer en la matière.

Le Parti national écossais (SNP), à la tête du gouvernement décentralisé, mène une campagne pour l’indépendance de l’Écosse. Selon ses représentants, l’Écosse doit avoir un poids plus important sur la scène européenne et internationale afin de représenter de manière adéquate ses intérêts sociaux, politiques et économiques.

Selon les ministres écossais, Londres les met sur la touche sur des thèmes importants.

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